
En tout, 223 personnes n'ont trouvé rien de mieux à faire que de bousculer les véritables handicapés en se disputant la prime de 4 000 dinars.Fini l'argent jeté par les fenêtres. L'argent public ira uniquement aux véritables nécessiteux. Telle est la réponse faite par les services de l'action sociale de la wilaya d'Oran qui viennent de revoir, tout en les assainissant, les listes des bénéficiaires des aides sociales. Dans le sillage d'une telle mesure, plus de 2000 intrus ont été rayés définitivement des registres comprenant les noms et prénoms des personnes à assister socialement en leur attribuant des primes allant de 3 000 à 4 000 dinars. Ces indemnités et ces aides forfaitaires sociales (Afs) ont, pendant de longues années, été accordées à des personnes aux besoins spécifiques ainsi qu'à des familles aux faibles revenus.Dans la cacophonie générale qui a marqué le recensement de ces familles, des intrus et des dizaines, voire plusieurs centaines, de familles ne se sont aucunement gênées à se faire passer pour pauvres ou encore relevant de handicaps en observant de longues attentes devant les bureaux de l'action sociale pour se faire inscrire. En tout, 223 personnes n'ont trouvé rien de mieux à faire que de bousculer les véritables personnes aux besoins spécifiques (handicapés) en se disputant la prime de 4 000 dinars. D'autres, au nombre dépassant 1 800 personnes, se sont fait inscrire en tant que pauvres nécessitant une aide sociale. Dans leurs démarches sournoises, ces indus pauvres ont usé et abusé de la passivité et du laxisme déconcertants des responsables en charge d'études au cas par cas de tout postulant à l'aide sociale. D'autant que la majeure partie de ces faux pauvres ont fait usage de faux en formulant de fausses déclarations. Une quelconque enquête ou action judiciaire devant tirer une telle affaire est-elle envisageable étant donné qu'une telle affaire repose sur le faux et l'usage du faux' La loi de l'omerta constitue la première règle entourant toute question tout au moins épineuse.Une telle mesure vient à point nommé étant donné que les premières conclusions de l'enquête sociale menée ont été révélatrices. Les 2 000 faux pauvres, bousculant les 8 000 vrais nécessiteux que compte la wilaya d'Oran, sont dans leur totalité constitués de personnes aux situations sociales confortables. Plusieurs d'entre eux sont employés dans des administrations honorables aux salaires augustes. Il n'est plus un secret pour personne, la truanderie gagne du terrain dans une wilaya dont tous les secteurs ont amplement bénéficié d'importants budgets, dont entre autre ceux accordés annuellement à l'aide sociale. L'argent étant jeté par les fenêtres, sans aucune étude préalable, motive davantage la création de nouveaux phénomènes immoraux et antisociaux. Plus que jamais, le système de l'assistance sociale est désormais à revoir de bout en bout. C'est du moins ce à quoi s'engagent les responsables hiérarchiques du ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, à leur tête la ministre Mounia Meslem. Dans une sortie médiatique récente, elle a plaidé pour la «refonte» du système de solidarité nationale, appelant à s'éloigner de l'«assistanat» en faveur d'un véritable développement social. «On va dans le sens de revoir le système de Solidarité nationale en s'éloignant de l'assistanat, en travaillant davantage pour un développement social», a-t-elle affirmé tout en soulignant que «l'Etat algérien est à caractère social par excellence». Elle a expliqué que son département a tracé un programme d'aide et d'accompagnement dans le sens du développement social, notamment par le biais de l'ADS et de l'Angem et d'autres dispositifs qui aident les chômeurs, les femmes et les couches vulnérables à s'en sortir par le financement de microcrédits conformément à l'orientation du gouvernement. «Nous avons un mot d'ordre: élargir la couche sociale moyenne et rétrécir celle des démunis, c'est pour cette raison que nous avons mis en place cette multitude de mécanismes», a-t-elle expliqué, avouant en outre que les procédures de certains nécessitent une révision à l'exemple du dispositif Blanche Algérie.La ministre a indiqué que le fichier de son département fait ressortir 854 814 personnes bénéficiant de l'AFS (allocation forfaitaire de solidarité) pour un budget équivalent à 42,5 milliards de dinars. A ce propos, elle a souligné «la nécessité de travailler sur le ciblage et la définition de la notion de nécessiteux «, ajoutant qu'»on ne peut pas dire que les aides vont à ceux qui en ont vraiment besoin». Dans le but d'être efficaces, il faut, a-t-elle plaidé, arriver à une définition nationale du démuni permettant à toutes les aides et pas seulement de la Solidarité à aller à qui de droit».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com