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2 500 étudiants en 1962



2 500 étudiants en 1962
Valeur - «Ne pensez pas que ce diplôme était donné. Celui qui le possédait avait les bases du savoir car il maîtrisait la lecture, l'écriture et le calcul.»Les parents et les grands-parents des élèves se demandent comment l'Ecole algérienne qui avait formé des cadres de haut niveau au début de l'indépendance et avec peu de moyens, se débat aujourd'hui dans la médiocrité. «Je suis médecin spécialiste en chirurgie. J'ai eu mon bac en 1982. Je n'ai jamais recouru à des cours de soutien payants durant toute ma scolarité. Il y avait quelques voisins plus âgés qui nous aidaient gratuitement. Mais rien de plus», affirme un chirurgien de renom qui exerce à l'hôpital Mustapha.Pour sa part, Hamid Alliche, un instituteur à la retraite, se rappelle la première rentrée scolaire post-indépendance. Il parle volontiers «de la rentrée scolaire», car la plupart des Algériens n'avaient pas le droit d'aller à l'école durant l'ère coloniale. «Nous inscrivions tout le monde.Des élèves âgés de plus de 10 ans se retrouvaient en première année primaire. Tous les parents voulaient inscrire leurs enfants. Il y avait des classes où on comptait jusqu'à 70 élèves», se souvient M. Alliche. Ce dernier rappelle que les enseignants étaient très rares. Et pour faire face à ce manque, les autorités avaient ouvert la porte à tous les Algériens qui avaient le certificat d'études. «Ne pensez pas que ce diplôme était donné. Celui qui le possédait avait les bases du savoir car il maîtrisait la lecture, l'écriture et le calcul», précise-t-il.Quant aux enseignants d'arabe, ils étaient recrutés parmi les jeunes qui avaient suivi des formations dans des écoles coraniques. Tous ces enseignants avaient le grade de moniteurs et devaient suivre des cours de pédagogie assurés par les instituteurs ayant fait l'Ecole normale de Bouzaréah.Le pays avait fait appel aussi aux coopérants venus des pays arabes et aux instituteurs français qui choisissaient de faire leur service civil en Algérie. Même si les coopérants techniques étaient mieux payés que les instituteurs algériens, ces derniers n'ont, à aucun moment, manifesté un quelconque mécontentement.«Nous voulions que les jeunes Algériens aient un bon niveau. A cette époque, notre souci était de faire reculer l'analphabétisme qui atteignait les 90 %. Nous n'avions aucun complexe devant ces coopérants.Eux venaient pour travailler et gagner de l'argent, pour nous il s'agissait de continuer la lutte de nos martyrs qui avaient sacrifié leur vie pour l'indépendance du pays», dit encore M. Alliche. Il révèle, à titre d'exemple : «En 1962 il y avait 2 500 étudiants dont 400 Algériens dans l'unique université du pays située à la rue Didouche-Mourad, à Alger».Il se réjouit que le nombre des étudiants atteigne aujourd'hui presque 1,5 million dans les nombreuses universités du pays. Il regrette juste que la quantité l'ait emporté sur la qualité.


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