
Prises en charge par l'hôpital psychiatrique de Sidi Chahmi, plusieurs dizaines de ces patients sont en attente depuis plus de trois ans d'un geste de leurs familles.Sommes-nous dans un monde en perte totale de valeurs sociales' Rien n'indique le contraire si l'on prend en ligne de compte la détresse de plusieurs dizaines de personnes souffrant de maladies psychiatriques. Ceux-là, au nombre d'une centaine de malades, sont tout simplement abandonnés par leurs...familles. Totalement pris en charge par la maison psychiatrique de Sidi Chahmi, plusieurs dizaines de ces patients sont en attente depuis plus de trois ans d'un geste fort provenant de leurs familles les ayant remis entre les mains des spécialistes dudit établissement.La majeure partie de ces hommes et femmes se sont totalement remis des maladies les ayant terrassés. «C'est une véritable problématique posée pour les responsables de la santé», a-t-on indiqué expliquant que «des familles de ces patients ne manifestent plus leur volonté quant à récupérer leurs enfants». Plus loin encore, certaines familles n'ont trouvé rien de mieux à faire que de changer complètement de domicile, une façon de brouiller toutes les pistes pouvant mener leur progéniture à les retrouver.D'autres, celles-là sont également nombreuses, continuent à faire la sourde oreille aux courriers de l'hôpital psychiatrique les invitant à se présenter en vue d'accompagner les membres de leur famille qu'elles ont abandonnés. La majeure partie de ces malades est venue de plusieurs localités de l'ouest et du sud-ouest du pays. En vue de remédier à une telle problématique, des cadres de l'hôpital de Sidi Chahmi indiquent qu'«aucune solution n'a été jusque-là trouvée malgré toutes les réunions tenues auparavant avec des responsables des services sociaux en vue de prendre en charge ces malades». A-t-on honte de la maladie que traînent ces patients abandonnés' Contre toute attente, la réponse est affirmative. C'est tout comme le sida.Cette maladie est vue autrement par une société ayant brutalement lâché ses valeurs ancestrales sans pouvoir s'agripper aux nouvelles règles édictées par la mondialisation. Chez plus d'une famille, cette pathologie constitue un tort social difficile à supporter. L'abandon des malades se généralise-t-il' Là également rien n'indique l'inverse! Pas moins de 1200 sidéens, venus des différentes wilayas du pays pour se soigner à Oran, sont abandonnés par leurs progénitures.Dans ce cas précis, les préjugés font état que tout sidéen est un dépravé ou encore un débauché. Leurs seuls gîtes les abritant ne sont autres que les box exigus et autres chambres spécifiques des différentes structures sanitaires d'Oran, en premier lieu le service des maladies infectieuses près le Centre hospitalo-universitaire d'Oran. Comme conséquence accentuant leur mal, plusieurs de ces malades sont au plus bas niveau, malgré leur prise en charge médicale et l'assistance morale qui leur sont assurées par les psychologues d'Oran. La sentence de la «démission» leur ayant été infligée par leurs familles est la principale raison de leur abattement vu que celles-ci ne leur rendent nullement visite, ne serait-ce que dans le cadre d'une opportunité occasionnelle.Hommes et femmes sont figés dans leur souffrance, en silence, les terrassant à petit feu tout en continuant à faire l'objet de toutes les formes de stigmatisation exprimées à leur encontre aussi bien par la société que, plus grave encore, par leurs...proches, parents et voisinage. «Chez la majeure partie de ces malades, la cassure est expansive tandis que le fossé les séparant de leurs familles et de leurs proches s'agrandit davantage», dira un psychiatre ajoutant que «dans plusieurs cas, plusieurs dizaines de ces patients font des crises d'anxiété difficiles à gérer aussi bien par eux-mêmes que par les psychologues chargés de les assister moralement».Se sentant coupables alors qu'ils sont victimes des différentes situations sociales, leurs crises s'accentuent davantage à la faveur des soins qui leur sont prodigués par les praticiens de la santé. «Ces malades ne voient que la mort rôder dans tous les couloirs des structures les abritant», a affirmé le psychiatre. Ce n'est pas tout. Le traitement médical du sidéen est d'autant plus exceptionnel qu'une simple maladresse suffit pour que le patient chavire dans un état psychologique dégradé. Une simple extraction d'une dent d'un sidéen nécessite un traitement particulier.Le malade commence à s'agiter dès qu'il s'aperçoit que le dentiste entame les procédures de la stérilisation totale de ses équipements. Et le psychiatre de juger utile de souligner que «vu les gros moyens techniques et les plateaux médicaux exceptionnels à mobiliser par les chirurgiens-dentistes, l'extraction d'une molaire chez le sidéen revient au coût de 6000 dinars». D'autres (dentistes), se comptant sur les doigts d'une seule main, versent brutalement dans le rejet en se cachant derrière le fallacieux prétexte de disette et de pénurie des produits et outils médicamenteux. Là encore, les sidéens, se sentant marginalisés encore plus, se mettent aussitôt dans tous leurs états.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Wahib AïT OUAKLI
Source : www.lexpressiondz.com