
Dès qu'il arrive à sa hauteur, Houari porte un premier coup de couteau au ventre de son adversaire...En fin de semaine dernière, le tribunal criminel près la cour d'Oran a examiné une affaire dans laquelle un "chef de quai" autoproclamé était accusé d'avoir tenté de tuer un transporteur clandestin. Un procès qui aurait pu être évité si les pouvoirs publics n'avaient pas fermé les yeux sur le développement ahurissant de l'économie souterraine qui, dans le domaine du transport, a vu l'apparition des transporteurs clandestins, des gardiens de parkings et des responsables de quai autoproclamés.Ceux-ci s'étant, bien entendu, imposés par la force et la violence. Selon l'arrêt de renvoi, les faits de l'affaire jugée jeudi dernier se sont déroulés le 16 mars 2016 à haï Nour, quartier chaud nouvellement érigé dans la zone d'extension est d'Oran. Ce mercredi-là, A. Kada, transporteur clandestin, a une altercation avec son voisin M. Houari, chef de quai autoproclamé, qui vient de lui intimer l'ordre de se ranger en fin de file, derrière les autres voitures. Le ton monte entre les deux antagonistes, l'un refusant de se laisser intimider par un "chef de quai qui s'est imposé par la force", l'autre s'entêtant à faire valoir une autorité qui lui permet de percevoir 100 DA de la part de chaque transporteur.Des témoins interviennent et séparent les deux hommes. Houari monte chez lui, redescend muni d'un couteau à cran d'arrêt et d'un marteau, et se dirige droit sur A. Kada qui est en conversation avec deux voisins. Dès qu'il arrive à sa hauteur, Houari porte un premier coup de couteau au ventre de son adversaire qui, en tentant de s'enfuir, recevra un second coup dans le dos. Immédiatement évacué aux urgences du proche EHU de l'USTO, Kada se voit rassuré par des médecins : les blessures ne sont pas graves, les premiers soins suffisent, il peut rentrer chez lui. Le soir venu pourtant, il est alerté par une hémorragie et il décide de se rendre au CHU d'Oran.Le médecin qui l'examine considère que la blessure à l'abdomen est très sérieuse, l'intestin ayant été touché, et qu'une intervention chirurgicale s'impose.Kada s'en sort avec 60 jours d'arrêt de travail et une incapacité partielle permanente de 15%. Autant dire que le jeune homme a failli perdre la vie. La victime porte plainte et Houari est arrêté et inculpé pour tentative de meurtre avec préméditation suivant les articles 30, 254, 255, 256 et 263 du Code pénal.À la barre, M. Houari se défend de toute intention criminelle et affirme s'être simplement défendu. "C'est lui qui m'a menacé avec un cutter et m'a frappé le premier. Je reconnais lui avoir donné un coup de couteau mais je nie avoir tenu un marteau", dit-il, en substance, mettant en avant son travail de régulateur du mouvement des transporteurs clandestins. Appelé à déposer, A. Kada rappelle les faits (tels qu'ils ont été consignés dans l'arrêt de renvoi) et avoue regretter "de ne pas avoir battu en retraite" lorsque Houari était redescendu un couteau dans une main et un marteau dans l'autre. À titre de dédommagement, il réclamera 160 millions de centimes. Dans un réquisitoire laconique, le représentant du ministère public demande 12 années de réclusion criminelle. L'avocat de la défense tentera de mettre en doute la version présentée par le plaignant et soulignera son tempérament belliqueux. Après délibérations, la cour condamnera le prévenu M. Houari à 10 ans de réclusion criminelle et à verser à la victime 100 millions de centimes à titre de dédommagement pour le préjudice subi.S. Ould Ali
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S Ould Ali
Source : www.liberte-algerie.com