Parcours steppiques asséchés et improductifs,
baisse du niveau des puits pastoraux et traditionnels, climat sec et glacial,
ponctué par des tempêtes de sable soufflant fréquemment sur les villes et les
villages de la wilaya de Nâama, et pour boucler la boucle, la montée
vertigineuse du prix de l'aliment du bétail qui frise le seuil des 3.000 DA le
quintal, tels sont les aléas enregistrés des suites de la sécheresse qui sévit
depuis octobre dernier. La quantité quasi insignifiante de pluie qui est tombée
dans certaines zones de la wilaya, au début du mois de décembre a servi à peine
à rafraîchir l'atmosphère, l'espace d'un après-midi et puis plus rien.
Angoissés, découragés, les éleveurs de Nâama dont certains ont déjà commencé à
brader leurs troupeaux, ne cessent de scruter le ciel dans l'espoir de voir
apparaître quelques nuages porteurs d'humidité, mais en vain. Il faut noter que
cette absence de pluie a eu même des retombées sur la santé humaine. En effet,
l'air sec et glacial qui meuble les journées d'hiver affecte sérieusement les
petits écoliers, en proie aux maladies grippales et pulmonaires. Il faut dire
par ailleurs que cette sécheresse, si d'un côté fait des malheureux, de l'autre
elle favorise l'émergence d'une certaine catégorie d'affairistes et de
spéculateurs d'aliments de bétail, qui ne reculent devant rien pour se
renflouer les poches, en de pareilles circonstances. C'est cette catégorie-là,
nous dit-on, qui de par ses ramifications et ses facilités d'accès aux sources
d'approvisionnement qui détient le marché parallèle et impose les prix qui
l'arrange. Aujourd'hui, d'après nos renseignements, le prix du quintal d'orge
mélangé au son, oscille entre 3.000 et 3.200 DA, ce qui, à priori, n'arrange en
rien les affaires de petits éleveurs qui, à défaut de ce produit, se rabattent
sur les dérivés des céréales. Ainsi, farine, semoule, pâtes, spaghettis
seraient servis en guise de repas aux bêtes. Selon certaines indiscrétions,
même la farine panifiable n'échappe pas à la spéculation, ce qui explique, peut-être,
l'insuffisance du pain, ces derniers temps, dans les grands centres urbains de
la wilaya.
Le seul avantage, peut être, à tirer de
cette situation, est à mettre à l'actif du consommateur, puisque la viande de l'agneau
est vendue dans certains endroits, à Méchéria, à 680 DA le kg, une baisse née
des conséquences du bradage des troupeaux, nous dit-on.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : M S Laradji
Source : www.lequotidien-oran.com