
La ligne éditoriale de la maison d'édition, les exigences du marché et les subventions accordées aux éditeurs constituent les trois pivots sur lesquels s'appuie le choix par les éditeurs pour présenter leurs livres. Le lecteur ne peut, à lui seul, définir les orientations des éditeurs qui obéissent, selon nombre d'éditeurs participant à la 19e édition du Sila, à plusieurs facteurs dont le coût de l'ouvrage et le domaine de spécialisation. Assia Ali Moussa des éditions Mim souligne que « la ligne éditoriale se veut l'unique critère qui oriente les choix des éditions Mim et si l'on venait à tenir compte des demandes du lectorat, le livre scolaire serait notre premier choix ». « Le lecteur n'oriente pas nos choix. Bien au contraire, les éditions Mim s'emploient à susciter l'intérêt du lectorat pour chacune de ses publications et refuse d'obéir à la loi du marché », a-t-elle indiqué, rappelant que ses éditions « ont défini, depuis le début, leur propre orientation littéraire et intellectuelle dont ils ne comptent nullement dévier ». A contrario, Rachid Khettab des éditions Dar Khettab défend un autre point de vue. « Mon statut d'écrivain et de lecteur dirige grandement mes choix en tant que responsable des éditions Dar Khettab ». « Tout ce qui va en droite ligne avec mes aspirations et mes centres d'intérêt m'incite à assouvir les besoins du lecteur qui me ressemble », précise M. Khettab qui avoue que « la logique du marché joue aussi un rôle déterminant dans mes choix d'édition, c'est pourquoi nous tenons compte de ses exigences, pour peu qu'elles ne s'opposent pas à nos principes ». Mounir Ben M'hidi, directeur de Djoussour éditions, précise que sa maison s'est spécialisée dans le livre universitaire, évoquant « une relation harmonieuse entre ses choix et les exigences de l'université ». Quant aux éditions APIC, s'intéressant davantage à la littérature africaine, Karim Cheikh indique que « ce choix n'est nullement commercial. Nous publions des titres sur la littérature africaine par choix et conviction et non parce qu'ils représentent un grand marché ». « L'édition est une entreprise de longue haleine et un important enjeu », a-t-il estimé. Selon Hassan Ben Naamane, directeur des éditions Dar El-Oumma, le choix de ses éditions obéit au coût d'édition de l'ouvrage, précisant, toutefois, que la principale orientation de sa maison est essentiellement centrée sur la publication de livres s'inscrivant dans la colonne de la proclamation du 1er Novembre ». Kamel Yahiaoui, directeur de l'Enag, précise que son entreprise publie des titres dans tous les domaines. « L'écrivain qui ne trouve pas d'éditeur nous sollicite pour que nous soumettions son travail aux comités de lecture », a-t-il précisé.Editeurs de circonstance 'Pour Assia Ali Moussa, « l'Edition, qui n'est qu'occasionnellement sous les feux de la rampe, constitue une occasion pour certains éditeurs de se faire connaître et bénéficier de subventions. Cependant, elle ne devrait pas commettre l'erreur de confiner la littérature algérienne dans un cadre conjoncturel ». Abondant dans le même sens, Karim Cheikh, des Editions APIC, pense que « les éditeurs conjoncturels courent après les subventions et sont loin de s'intéresser à la teneur du livre. Pour eux, chaque livre susceptible de faire l'objet d'une quelconque subvention est bon ». L'édition de circonstance a « permis l'émergence de plusieurs maisons qui nagent, malheureusement, à contre-courant », estime Mounir Ben M'hidi. De son côté, Kamel Yahyaoui voit en « l'édition de circonstance un signe récurrent de bonne santé qui permet de subventionner l'industrie du livre ». Sur les 500 éditeurs ayant déposé leurs titres auprès de la Bibliothèque nationale, 267 seulement prennent part au Sila dans l'attente d'une restructuration du secteur de l'édition à la faveur de la promulgation de la loi sur le livre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Horizons
Source : www.horizons-dz.com