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Virée à travers les bureaux de vote



Virée à travers les bureaux de vote
Ce qui saute aux yeux, ce sont les gens agglutinés autour du préposé au fichier électoral
Les citoyens ne se bousculent pas au portillon.
Il est presque 13h, le centre de vote de la localité de Si-Mustapha installé à l'intérieur du Centre de formation professionnelle, enregistre une fréquentation timide, «assez faible» selon le chef du centre. Seuls 625 votants sur 4 146 inscrits ont été comptabilisés au niveau des bureaux que compte le centre, soit un taux de participation d'environ 15%. Ici, une localité meurtrie par le terrorisme, surplombée par le mont Boudhar, qui fut et reste toujours le fief d'Aqmi. «Ils ne nous importunent pas, ils sont dans les montagnes. Des «gbala», mot désignant des gens débarqués d'ailleurs, notamment de M'sila, Bousaâda, etc. C'est entre eux à El Karia», commentent, dès leur évocation, trois jeunes pour dire qu'ils ont de l'influence plutôt sur les habitants de la cité d'où ils sont issus, une cité d'habitations précaires au pied de la montagne où se mêlent baraquements de fortune, bidonvilles et constructions illicites.
Cependant, une scène particulière d'infraction à la loi électorale se décline sous les yeux de tous. En fait, la présence de ces trois jeunes âgés entre 20 et 24 ans, chômeurs de leur état, à l'intérieur du centre, n'est toutefois pas fortuite. En véritable comité d'accueil, des liasses de petites affichettes portant la photo, le numéro et le nom de leur candidat, discrètement en main et plein les poches, scrutent la moindre arrivée de votants pour agir au vu et au su de tout le monde. Celui-là sur la photo, tu le connais' Il s'est porté candidat pour contrer tous les opportunistes. Il n'a pas de bedaine comme tous les autres et il ne cherche pas à s'enrichir puisqu'il l'est déjà en sa qualité d'opérateur privé, tentent-ils de vendre leur candidat à quelques personnes qui pointent du nez à l'intérieur du centre. Notre candidat est «généreux» avec nous, contrairement à ceux qui sont incapables de tenir leurs promesses d'embauche dans des emplois précaires à la mairie à l'image de notre maire, disent-ils en mélangeant entre genres d'élections. Quand on nous a fait signer des contrats de quelques mois, on a dû bloquer la route pour qu'on soit payés, déplorent-ils, blasés. Quand ces jeunes parlent politique, ils relatent des faits de règne exemplaires puisés, croient-ils, dans la période du calife Ibn al-Khattab. La même tendance timide de la cadence des électeurs est relevée au centre de vote au niveau du CEM Agouni des Issers.
On a franchi à peine le taux de 12% de participation dans les estimation de midi et demi. Jusqu'ici, 513 votants ont été recensés sur 4165 inscrits. Ce qui saute aux yeux, ce sont les gens, agglutinés autour du préposé au fichier électoral. Constatant que leurs noms ne figurent pas sur la liste du bureau où ils étaient orientés initialement, ils ont attendu patiemment qu'on retrouve leurs noms sur le fichier pour les réorienter. Ebahit, Hacène, qui n'a jamais raté un vote, est introuvable sur le fichier. Il est allé se renseigner à l' APC d'en face, en vain. Beaucoup de cas de ce genre ont été constatés, selon les représentants de quelques partis politiques.
Un nombre important d'électeurs découvrent que le bureau de vote vers lequel ils sont orientés est tout simplement annulé. Plus d'une quarantaine de personnes sont retournées bredouilles indique-t-on encore.
A quelque 7 km de là, le centre de vote du hameau de Ouanougha attend désespérément les électeurs. Hormis quelque 200 votants enregistrés sur 2118 inscrits, les encadreurs affectés au centre de l'école des Frères Ouamar ont vraiment «chômé», avouent plusieurs témoins sur les lieux. Le centre de vote abrité par l'école primaire Ben Badis à Laâziv ou Naciria, s'inscrit à la même enseigne. S'il y a un peu plus de votants à ce niveau, une école jouxtant le siège flambant neuf du commissariat de police, complètement détruit par un attentat kamikaze à la voiture piégée, on a relevé beaucoup de carences liées à l'organisation.
Le chef du centre ne sait pas où donner de la tête face à un nombre important d'électeurs désorientés. Un «vingtaine» de citoyens découvrent qu'ils ne sont pas portés sur le fichier électoral.
Moi, j'ai pu voter, mais ma femme qui devrait le faire dans l'un des bureaux de ce centre est réorientée au village de Bouassem à quelques kilomètres d'ici, déplore-il. «60% des électeurs, un nombre tout de même énorme ont dû être réorientés ailleurs», explique un encadreur dépité.
A midi, on a enregistré moins de 80 votants. Quelques deux heures plus tard, le nombre est monté à 974 votants. Dans l'un des centres de vote de Bordj Menaïel, une agglomération entre les Issers et Naciria, c'est le même topo. Outre la faible participation enregistrée jusqu'à 15 h et demie, on cite des chamboulements et des incompréhensions des citoyens qui ont constaté que leur date de naissance est erronée. De ce fait, ces derniers n'ont pu voter, souligne le chef du centre.
Dans la localité de Zemmouri, plus exactement au centre de l'école Sahel-Mohmed Seghir, la participation est plutôt moyenne. Halim et Mourad, âgés respectivement de 35 et 38 ans, pères de famille et ouvriers dans des chantiers de construction, avouent qu'il ont décidé de voter de peur que l'administration leur exige, à l'avenir, cette carte pour tel ou tel dossier.
Devant l'entrée du centre, Farid n'a pas nié qu'il a vendu, à l'instar d'une quinzaine de ses camarades, sa voix pour 1000 DA.


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