
D'éminents historiens, dont Raphaelle Branche, Slimane Zeghidour, Benjamin Stora, Georges Morin, Abdelmadjid Merdaci, Fouad Soufi, Françoise Vergès et tant d'autres, animent les débats.L'anthropologue Tassadit Yacine a estimé, hier à Béjaïa, que «l'insurrection de 1871» a été un vrai acte de guerre contre le colonialisme. Intervenant lors d'un colloque sur l'insurrection éponyme, l'historienne, professeure à l'Ecole des hautes études de sociologie (Paris), a corroboré sa thèse en mettant en relief «l'importance de l'insurrection» en termes d'engagement populaire et d'espace géographique, et compte tenu de la réponse violente et guerrière de l'armée coloniale. «La secousse qui en a résulté a amorcé, avec El Mokrani, le processus de décolonisation», a-t-elle soutenu, rappelant que cette figure de proue de l'insurrection a ouvertement déclaré la guerre à l'administration coloniale.Après avoir essuyé par trois fois un refus de démission du conseil municipal de la commune mixte de Bordj Bou Arréridj, «il a fait une véritable déclaration de guerre», a-t-elle souligné. A l'évidence, au-delà des faits anecdotiques, ce soulèvement populaire a été le résultat d'un faisceau de facteurs (sociaux, politiques et militaires) dont la conjonction a précipité son déclenchement. 30 000 insurgés tués, 300 000 morts du fait de la maladie et de la famine, elles-mêmes induites par la politique de dépossession des terres, les pressions fiscales qui ont permis à la France de lever une somme de 3 milliards de francs, utilisée pour rembourser sa dette envers l'Allemagne, étaient autant de motifs mis en avant pour expliquer le recours à la guerre et amorcer un processus de décolonisation déjà en route à l'échelle planétaire, notamment en Nouvelle-Calédonie, à Madagascar, en Indochine, a-t-elle indiqué.Adhérant à cette thèse, l'historien Mouloud Kourdache a souligné, pour sa part, que la révolte a en fait commencé dès les années quarante avec les soulèvements des populations dans le Hodna, à Bou Saâda et M'sila notamment, qui ont fini par se sublimer en 1871. Du reste, pour l'administration coloniale, les déclenchements de divers mouvements de résistance dans la région, ont tous été imputés à la famille Mokrani, accusée de fomenter des troubles et de se dresser contre l'occupation. «Il n'y a pas encore de preuves tangibles quant à ces assertions. Mais l'administration a tout fait pour réduire l'aura et l'influence de cette famille dans la région des Ath Abbas (Medjana et Ighil Ali), voire au-delà», a soutenu Mouloud Kourdache. Les débats passionnés sur ce soulèvement populaire laissent présager de fortes révélations et un éclairage sur cette étape historique. D'éminents historiens, dont Raphaelle Branche, Slimane Zeghidour, Benjamin Stora, Georges Morin, Abdelmadjid Merdaci, Fouad Soufi, Françoise Vergès et tant d'autres, animeront les débats.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R S et agence
Source : www.elwatan.com