La pollution a mis son warning
La forêt de M’sila est en proie à des pollutions diverses. Profitant du long week-end coïncidant avec la fête de l’Aïd El-Adha, des centaines d’Oranais ont préféré organiser des barbecues en forêt. Après leur passage, les amas d’ordures sont abandons un peu partout.
En effet, la forêt de M’sila est devenue, toutes les fins de semaine, la destination par excellence, des familles oranaises fuyant l’urbanité et son tintamarre permanent. Cet entichement a été encouragé par la vulgarisation de la voiture. Désormais, ils sont nombreux à choisir ce lieu de villégiature et de farniente sous les arbres séculaires de cette forêt millénaire. Mais, derrière cet engouement, la question de l’environnement se pose avec acuité : «l’incursion des citadins a été accompagnée par une invasion de déchets et de détritus chimiquement inertes, très préjudiciables pour la faune et la flore «, ont déclaré les fellahs de la région. Il faut savoir que la forêt de M’sila a une valeur écologique, économique et surtout historique. Géographiquement, le «Ghamera», qui porte la forêt de Msila, se situe sur une rifle de 500 à 600 mètres, séparant le bassin de la Sebkha. Elle se termine par la colline de Santa Cruz, au-dessus d’Oran. A l’ouest, la vallée de l’oued Hallouf, avec l’important centre d’Aïn Témouchent (708m), et la vallée du Rio Salado (ou oued Melah). Ces territoires formaient les domaines des tribus des Douair et des Sméla, relève-t-on. La forêt de M’sila été habitée par les premiers hommes, depuis la préhistoire. La section de préhistoire du musée national Ahmed Zabana conserve de nombreux objets découverts au niveau des grottes de Aïn El-Guettara et du ravin Blanc, dans la forêt de M’sila. L’intérêt de ce lieu sylvestre est donc très important. Pendant la période coloniale, plusieurs routes bitumées ont été réalisées pour rendre ce lieu accessible. Il suffit d’à peine 20 minutes pour atteindre la forêt en empruntant la route de Coca cola, via le quartier d’El Hassi. Ceux qui veulent se délecter de la brise marine et des vues panoramiques sur la Corniche, préfèrent y aller par l’autoroute St Roch/les Andalouses, via la route de la Résidence d’été de la Présidence de la République. La forêt de M’sila nonobstant le fait de sa proximité avec la commune de Aïn El Kerma a été annexée à Boutlélis. Il y a plus de deux décennies, l’APC de Boutlélis a entamé les travaux d’un parc zoologique, s’étendant sur des centaines d’hectares, sur le côté nord du site. A part l’installation du sillage qui sépare le parc du reste de la forêt et des poteaux de l’éclairage, le chantier a été abandonné. Les prévisions de l’époque annonçaient que le Parc serait la principale rentrée financière de la commune. Mais, avec l’abandon injustifié du projet, ces centaines de visiteurs hebdomadaires ne sont pas une source de bénéfice pour la mairie de Boutlélis. Désormais, les nombreux hôtes des fins de semaine s’installent dans tous les recoins de la forêt. Certains endroits difficiles d’accès sont devenus de véritables dépotoirs. L’état des sentes qui traversent le bois est détérioré en l’absence de travaux de maintenance. Le braconnage sévit également. La chasse au sanglier, en dehors de la saison appropriée, est également pratiquée par des amateurs qui ne se gênent guère pour tirer sur une perdrix, un lièvre ou un renard, passant dans leur œil de mire. L’installation des pièges par les riverains est également pratiquée. Concernant le liège, il est exploité en dehors des normes scientifiques appropriées. Plusieurs chênes-lièges séculaires, sont morts à cause de l’exploitation anarchique de cette matière. Selon un responsable de l’inspection de la conservation des forêts, il existe actuellement 1.100 ha pour la plantation de chênes-lièges mais 900 ha seulement sont exploités, Oran recensait 3.000 ha de chênes-lièges. Pour les zones non surveillées, plusieurs exploitants illicites agissent en toute quiétude. Pour revaloriser les forêts du chêne-liège, une pépinière a été réalisée sur 150 ha de terres forestières. Il faut savoir qu’au démarrage de l’opération, la production est arrivée à 25 000 plants, alors que l’objectif est d’atteindre les 100 000 plants à l’horizon 2006/2007.
Benachour Med
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com