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Plan d'urgence contre les inondations à M'sila



Située dans un bassin versant, la wilaya de M'sila vit au rythme des inondations qui provoquent des dégâts sur les biens publics et privés et qui font parfois des victimes.Un plan d'urgence comprenant plusieurs projets, dont la réalisation d'études, a été enclenché récemment pour protéger la wilaya de M'sila des inondations, à l'origine de crues désastreuses, a-t-on appris des autorités concernées. Ce plan brasse large et touche plusieurs villes, dont celle du chef-lieu de wilaya M'sila, mais aussi Bou-Sâada, Sidi Aïssa, Hammam Dalaâ, Aïn Hadjel, Ounougha et Ouled Derradj. À court terme, il s'agit de mener des opérations de curage et de nettoyage de l'oued El-Ksoub, des travaux pour protéger les villes de Bou-Sâada, Hamma Dalâa, Ouled Ady Lakbala et Sidi Aïssa, et le lancement dans la réalisation du projet de protection de la nouvelle ville de Bou-Sâada et le quartier Mohamed-Boudiaf, à Sidi Aïssa. Cette décision intervient après les inondations qui ont touché pratiquement tout le sud de la wilaya et même d'autres villes de M'sila, vu sa situation dans un bassin versant. Ces dernières avaient causé d'importants dégâts aux tissus urbains, aux constructions, aux infrastructures et au secteur agricole et pastoral de toute la wilaya et même des pertes humaines.
De nombreuses communes y ont été sérieusement affectées, telles que M'sila, Bou-Sâada, Chellal, Maarif, Metarfa, Aïn El-Melh, Djebel Messaâd, Ben S'rour, Khetouti Sed El-Djir, Medjadel, Khoubana, Sidi Aïssa, Hammam Dalaâ et Ouled Derradj. Les dernières inondations des 3 et 6 mai 2021 ont causé la mort de six personnes, et celles de septembre dernier ont fait, elles aussi, des victimes : 3 morts. Mais ces projets restent insuffisants devant la situation de la wilaya qui a besoin d'au moins 2,37 milliards de dinars, dont 700 millions juste pour la ville de M'sila.
Pour les spécialistes, ces mesures d'urgence ne suffissent pas à elles seules ; il faut qu'elles soient suivies par une série de mesures complémentaires, dont l'interdiction des constructions anarchiques sur les périmètres des oueds classés dangereux et exposés aux inondations, la lutte contre le vol du sable dans les oueds, l'interdiction ou l'arrêt de l'exploitation du sable dans certaines régions trop touchées afin de respecter la trajectoire du lit des oueds, l'amélioration du système d'alerte afin de préserver les vies humaines et enfin assurer la croissance économique tout en respectant la place de la nature dans un environnement, dresser une carte des zones à risques, créer des bassins tampons en amont, construire des digues pour parer aux crues centennales. À partir du moment où l'inondation devient un objet d'aménagement, un dispositif administratif, politique, technique et culturel doit être mis en place.
"Ces mesures recommandées pour mieux vivre avec les risques d'inondation nécessitent une approche coordonnée au niveau du bassin versant avec une vision de durabilité et d'adaptation des aménagements. Une coordination entre les ministères des Ressources en Eau et de l'Environnement, de l'Intérieur et des Collectivités locales, de l'Habitat et de l'Urbanisme, des Travaux publics et des transports est nécessaire pour intégrer les risques d'inondation dans la planification urbaine", rappelle un des architectes de la ville de M'sila. "Le risque zéro n'existe pas, mais il faut des aménagements durables et de bonne qualité", disent les contribuables, qui souhaitent plus de fonds pour protéger toutes les zones à risques.

Chabane BOUARISSA
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