
La situation géographique stratégique de l'Algérie, sa grande surface et son gradient climatique allant du climat subhumide près du littoral jusqu'au climat saharien dans le Sud ont engendré une diversité importante des habitats et des paysages naturels composés de lacs d'eau douce permanents, lacs d'eau douce temporaires, mares temporaires, gueltas, chott, dayas... Ces lieux hébergent une grande richesse faunistique et floristique dont des espèces rares en voie d'extinction. « Malgré leur protection par la convention Ramsar, ces sites sont lourdement menacés par de multiples facteurs particulièrement ceux engendré par l'activité humaine », avertit Dr Ettayeb Bensaci, enseignant au département des sciences de la nature et de la vie à la faculté des sciences de l'université Mohamed-Boudiaf de M'sila, et membre de l'Association nationale algérienne d'ornithologie. Il s'agit, relève Bensaci, du développement urbain, de la pollution, de l'extension agricole non contrôlée, du pompage intensif de l'eau et de la modification des habitats de ces zones. « Toutes ces menaces sont aggravées sous l'effet des changements globaux (sécheresse, inondation, invasion des espèces...). Les effets de cette pression anthropique sur les zones humides sont devenus observables dans le littoral et les hautes plaines du pays », note-t-il. Selon lui, l'absence de prise en compte des enjeux environnementaux vis-à-vis de ce patrimoine dans la politique de l'aménagement du territoire peut influencer négativement sur ces sites, à défaut d'un juste équilibre. Dans ce contexte, souligne-t-il, et dans le cadre des travaux et suivis des oiseaux d'eau en Algérie, il a été constaté des changements substantiels (jusqu'à 36%) de cette richesse avifaunistique ce qui provoque des modifications de ces écosystèmes précieux. « Plusieurs espèces ont disparu suite à la disparition de leurs habitats, tandis que d'autres sont devenues invasives », explique-t-il. En tant qu'enseignant-chercheur et spécialiste des zones humides, Bensaci lance donc un SOS aux institutions étatiques et scientifiques, aux institutions et au mouvement associatif afin de contribuer à la protection de ces lieux menacés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Medjahdi
Source : www.horizons-dz.com