Msila - A la une

M'sila passe des soirées moroses Dans l'air du temps - Ramadhan



M'sila passe des soirées moroses                                    Dans l'air du temps - Ramadhan
Un autre marché très fréquenté se trouve de l'autre côté de la salle de cinéma El Hodna où les leaders des partis le temps d'une campagne viennent haranguer les foules, les femmes sont toutes voilées, à de rares exceptions. Seules, en famille ou en couple, elles viennent faire, sans être nullement embêtées, le tour des vitrines et des magasins. Le lieu est un immense espace où l'on peut acheter des bijoux, des produits de beauté, la literie et des chaussures. Beaucoup se font accompagner de leurs enfants pour choisir la tenue de l'Aïd. Le lieu qui ne désemplit pas jusqu'aux environs d'une heure est une réplique de ces marchés qu'on trouve à Bachdjarah à Alger ou Mdina Jdida à Oran. Les mêmes modèles de chaussures, de jeans, de jouets et les même amas de détritus entassés à tous les coins. Etrangement, peu de musique s'échappe des cafés ou des boutiques. C'est un vendeur de DVD qui nous confiera « que pendant le mois sacré, on évite ». « Le monde de l'enfant », qui propose du chinois premier choix selon un vendeur de cette surface à un seul étage, est pris d'assaut. Ahmed, qui vit à Gennevilliers dans la région parisienne « ne rate jamais un Ramadhan au bled », nous dit-il. Il a tout le temps de nous expliquer alors que sa femme et sa belle-famille négocient le prix d'un tapis, qu'il « apprécie la simplicité des gens et qu'il ne s'ennuie nullement et trouve même qu'un court séjour le repose des agressivités d'une grande métropole comme Paris ». L'homme consent toutefois à reconnaître que « la ville, les espaces commerciaux manquent de distractions notamment pour les enfants ». Hormis trois piscines, M'sila n'a pas de parc d'attractions, de structures de loisirs où les enfants peuvent jouer et s'amuser. Ahmed conçoit un projet qui à coup sûr serait une affaire utile et rentable ».
L'INCHAD EN VOGUE
On peut s'arrêter à une crémerie, siroter un thé mais nulle part, on peut trouver des couples ou des familles attablés. Seules quelques femmes boivent tranquillement leurs boissons dans un espace où la seule présence masculine est celle du jeune serveur. Il tourne le dos à ses clientes, lequel a fort faire avec ceux qui sont dehors. M'sila a toutes les apparences d'une ville marquée par la religion. Son maire est du MSP et il en est déjà à son troisième mandat dans ce qui est considéré comme un fief de ce parti qui a perdu beaucoup de son aura, semble-t-il. M'sila compte plus d'une soixantaine de mosquées et les prières de Tarawih drainent des milliers de fidèles de tous âges, de toutes conditions et sexe. M'sila et sa région comptent beaucoup de groupes et de talents dans ce qu'on appelle l'inchad qui parfois va jusqu'à chanter des invocations de Dieu ou de son Prophète sur des airs de pop. Le genre est très prisé et occupe la part du lion dans les programmes musicaux de la radio locale. Elle lui consacre même un Top 50 où rivalisent vedettes nationales et étrangères. Il suffit également de consulter le programme concocté par la maison de la culture Guenfoud El Hamlaoui pour se rendre compte de sa popularité. Sur la dizaine de soirées, plus de la moitié relève de l'inchad. On n'a prévu qu'un seul spectacle le 9 août avec Mourad Djaâfri. Quelques troupes théâtrales venues de Sétif et d'Oran, un groupe d'Aissaoua de Mostaganem et un monologue de Fethi, un comédien de Djelfa très apprécié, ont pris place dans un programme qui contraste avec ce qui se fait de plus éclectique et varié dans des villes pourtant moins peuplées. La ville avait, nous dit-on, dans les années 80, un festival qui se déroulait à la Kalaâ des Béni Hamad distante d'une vingtaine de kilomètres. « Aujourd'hui, on n'est plus sur les blocs-notes de personne mais la société doit faire une place à la culture car c'est la région de Lacheraf, de Boudiaf, de Lakhdar Hamina, de Mohamed Kacimi et de poètes moins connus », nous dit un professeur de l'université Mohamed-Boudiaf. Msila à la lisière du désert est un réservoir en matière de poésie populaire, de chants traditionnels. Un artiste comme Rachid Mernissi se considère l'élève du regrette Khelifi Ahmed. Il a pris part le 5 Juillet dernier à un grand gala d'artistes algériens au Palais des congrès à Paris. Il est très apprécié dans la région où il anime des mariages et des galas comme celui de jeudi à Bou Saâda, une ville plus ouverte. « S'il était programmé, il aurait pu drainer la grande foule, mais notre public est très réticent », nous dira un employé de la maison de la culture. Mais où peut-il se produire, la ville étant dépourvue d'autres infrastructures ' Les responsables seraient-ils peu soucieux de faire une place au raï et à d'autres expressions encore mal acceptées chez beaucoup de gens ' Faute de spectacles, la plupart des jeunes de Bou Saâda sont réduits à tourner en rond, à compter les étoiles sur les places publiques et à ne rêvasser que sur les films turcs ou du Moyen-Orient. D'autres passent le temps dans un jeu en vogue. Celui des ... dés.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)