La poète et écrivaine algérienne, Chama Derrouiche, auteure déjà de deux recueils de poésie en langue arabe, a récidivé cette année avec la publication, à l'occasion du Salon international du livre d'Alger (Sila), de son troisième ouvrage intitulé Izelwane, édité chez «Mime».Rencontrée à l'occasion d'une séance de dédicace au Sila, la brillante poète, mais aussi professeure et chercheuse dans la critique littéraire moderne et dans l'analyse des discours, s'est dite impressionnée par l'afflux de ses lecteurs venus nombreux découvrir Izelwane, le nouveau-né au titre et au contenu quelque peu mystérieux et original, en ce sens qu'il suscite des souvenirs et s'impose comme un retour aux origines.
En effet, habitués à lire les poèmes de Derrouiche écrits en arabe, les fans de la poète guelmie ont été agréablement surpris de voir le nouveau recueil porter un intitulé amazigh reflétant, comme l'explique son auteur, un mix de poèmes écrits en arabe et en tamazight, une première dans la littérature algérienne.
«Mes origines amazighes m'ont amenée à revenir à cette identité que j'ai peut-être un peu négligée», nous déclare Chama Derrouiche, précisant que Izelwane, qui signifie chansons ou récitals, (ahazidj en arabe) «est un terme amazigh que l'on retrouve beaucoup chez les Touareg et les Kabyles, ici en Algérie et au Maroc.» Tout en indiquant avoir voulu exprimer, à travers cet ouvrage, les «ahazidj de l'esprit et les douleurs de l'âme, mais aussi ceux de l'humanité entière», la poète affirme que ses écrits prenaient toujours naissance «dans l'absolu», s'adressant, sans distinction aucune, au commun des mortels.
«C'est la raison pour laquelle j'ai voulu, cette fois-ci, que mes poèmes soient clairement distincts à tout ce que j'ai écrit jusqu'ici, en les associant à l'identité algérienne, arabe et amazighe, à travers un amalgame de mots issus des deux langues, ainsi que d'autres exclusivement utilisés dans des localités précises, comme celles que l'on retrouve à Sidi Brahim, dans la wilaya de M'sila», nous dit Chama Derrouiche.
Son but, explique-t-elle, est de montrer cette «homogénéité qui caractérise le parler algérien», en ce sens que les deux constituants de identité ne se renient pas mais, au contraire, se complètent pour faire des Algériens un seul peuple unie. Il convient de noter que le recueil Izelwane est le 3e ouvrage de l'auteure après celui des Tresses rebelles et Un talon marchant au bord des couleurs.
Chama Derrouiche promet à ses lecteurs de revenir, dans un proche avenir, avec d'autres surprises, «peut-être dans le même style d'Izelwane», mais aussi et surtout dans le style de narration. «Beaucoup d'amis ont aimé mon style narratif dans lequel, je l'avoue, je me retrouve parfaitement, peut-être parce que j'aime bien laisser mon esprit raconter et s'exprimer librement», conclut-elle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes M
Source : www.elwatan.com