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Inquiétude chez les entrepreneurs



Inquiétude chez les entrepreneurs
Beaucoup de projets sont à l'arrêt à cause du blocage des importations qui a coïncidé avec les arrêts techniques des cimenteries du pays. Y a-t-il une planification avant la prise de telles décisions' Il semblerait que l'on navigue à vue...Chez nous quand on veut régler un problème, on crée un autre encore pire... C'est ce qui est en train de se passer avec la terrible et inexplicable pénurie du ciment. Celle-ci a provoqué une flambée des prix jusque-là jamais vue. Le prix du ciment a atteint des sommets! Le quintal a dépassé la barre fatidique des 2000 DA alors qu'il y a quelques semaines il ne dépassait pas les 1500 DA.Le sac de 50 kilogrammes, le poids le plus répandu dans le pays, a atteint lui les 1000 DA, il se négocie à 600 dinars avant la fin de l'année. Les entrepreneurs sont inquiets, particulièrement ceux qui ont des projets publics. Beaucoup de chantier sont même à l'arrêt! «On ne s'en sort plus avec ces prix qui ont dépassé l'entendement», confie la majorité des entrepreneurs rencontrés. «On travaille avec l'Etat. On a des prix biens étudiés et élaborés à l'avance. Notre marge est très faible, avec une augmentation comme celle-ci on est perdant sur toute la ligne. On ne pourra jamais honorer nos engagements», confient-ils d'un air désespéré. «Beaucoup de chantiers sont à l'arrêt. Moi-même mes chantiers sont en arrêt technique à cause de cette flambée», confie avec le même désespoir un entrepreneur du centre qui a requis l'anonymat. «L'administration nous met la pression pour reprendre les travaux. Elle nous a même envoyé des mises en demeure. Mais avec les prix actuels du ciment, on ne pourra pas reprendre. Ça serait du suicide pour nous», poursuit-il. «Ils se justifient par le fait que les prix n'ont pas augmenté dans les cimenteries. Mais allez trouver du ciment chez eux...», rapporte-t-il. «Mis à part celle de M'sila, elles sont toutes en arrêt technique. Et celle de M'sila ne peut pas couvrir le manque qui a déjà été engendré par l'arrêt des importations. On s'est rendu à M'sila, ils nous ont clairement dit qu'ils ne pouvaient rien faire pour nous jusqu'au mois d'avril. On est revenu aux années 1980 où il faut du piston pour avoir du ciment», dénonce-t-il. «Il y a par contre des projets comme la Grande mosquée d'Alger qui sont prioritaires, ils ne souffrent pas de ce manque», réplique-t-il avec colère.Cet entrepreneur et ses autres collègues sont donc déterminés à ne pas reprendre ces travaux. D'ailleurs, selon leurs dires, ils sont en contact permanent afin d'unir leurs forces pour trouver une solution à ce problème.D'ores et déjà, ils réclament des ODS d'arrêt des travaux. «Ce sont nos responsables qui nous ont mis dans cette très critique situation. C'est à eux de nous en sortir», soutiennent les entrepreneurs du pays qui s'interrogent sur la «vision» des autorités qui, pour eux, sont responsables de cette pénurie. «Comment peut-on arrêter les importations et en même temps mettre en arrêt technique les cimenteries du pays' Naviguent elles à vue'N'y a-t-il aucune coordination entre elles' Ou n'ont-elles tout simplement aucune vision'», s'insurgent-ils tout en se demandant s'il n'y avait pas des personnes malintentionnées derrière ces décisions «inconscientes».Il est vrai que cette situation soulève moult interrogations, même chez les pires ennemis de la théorie du complot.Comment peut-on mettre en même temps la plupart des cimenteries du pays en arrêt technique' En temps normal et dans un pays qui assure son autosuffisance en ciment, le marché aurait été grandement perturbé. Alors que dire dans un pays qui a décidé d'arrêter les importations et les soumettre aux licences d'importation' C'est le drame que l'on est en train de vivre actuellement. Les responsabilités doivent être définies, des têtes doivent tomber.Car, c'est de l'inconscience, ce sont même des fautes professionnelles graves! Le ministre du Commerce, Bekhti Belaïb, avait pourtant été interpellé au début de la crise sur la gravité de la situation. Il a préféré relativiser les choses et renvoyer la balle dans le camp des barons du ciment, sans toutefois sévir. Résultat des courses: des projets vitaux et d'intérêt public comme les hôpitaux, les écoles, lycées... sont menacés. Ils ont échappé à la crise financière, mais c'est la crise qui risque de les «tuer». Les répercussions de ces augmentations vont être terribles, que ce soit du point de vue économique ou social.Les programmes ambitieux lancés par l'Etat pour la réalisation de millions de logements, se trouvent aussi réellement menacés d'arrêt. Cela en plus du fait que les prix de ces logements pourraient s'envoler. Cette éventualité peut déborder sur des situations inextricables vu l'attente de millions de citoyens pour bénéficier de ces programmes et améliorer leur situation sociale. On sait que le logement est une grenade qui menace d'être dégoupillée à tout moment.Au demeurant, c'est l'ensemble du secteur des travaux publics qui se trouve miné. L'augmentation ou le manque de ciment risque de freiner la construction des nouveaux hôtels, usines...Ce qui remettra inévitablement en cause le projet de sauvetage économique du pays. Le ciment pourrait donc être la goutte qui fera déborder le vase...


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