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Elections sénatoriales du 29 décembre: La crise au FLN profite au RND



À un peu plus d'un mois des élections portant renouvèlement partiel des membres du Conseil de la nation, le parti du Front de libération nationale (FLN), ne retrouve toujours pas sa stabilité.Le départ maquillé du secrétaire général, Djamel Ould Abbès, qui se dit toujours en convalescence, alors que des «sources officielles» l'avaient donné comme démissionnaire, a créé une situation de confusion générale, menaçant même l'unité des rangs à l'approche de la compétition sénatoriale. Bien que les candidats de l'ex-parti unique soient désormais connus à travers les 48 wilayas du pays, il n'en demeure pas moins que l'adhésion et la mobilisation des élus fassent encore défaut. Et pour cause, ces derniers sont divisés entre partisans du secrétaire général, «limogé» mais en convalescence, et ceux du nouveau SG intérimaire, Mouad Bouchareb, appelé à coordonner le directoire chargé, selon des indiscrétions, «de gérer les affaires courantes jusqu'à l'élection présidentielle du printemps 2019». Une direction à deux têtes, ce n'est certainement pas ce dont a besoins le parti majoritaire du Parlement en ce moment. Il va sans dire qu'au niveau local, les uns se sont rangés contre les autres. D'ailleurs, des batailles avaient même éclaté à l'occasion des primaires, où il y avait recours aux «baltaguias» dans certaines wilayas, à l'instar de M'sila. Si la situation reste inchangée d'ici les sénatoriales du 29 décembre, il sera difficile au parti de rassembler ses élus, voire de les mobiliser pour parler d'une seule voix. En tout cas, le temps que la période de convalescence de Djamel Ould Abbès se termine, les sénatoriales seraient déjà organisées. De quoi s'interroger même sur cette durée de «45 jours prescrite par les médecins». N'a-t-on pas, alors, volontairement écarté Ould Abbès, pour créer la division et fragiliser le FLN à l'occasion de ces élections ' La question mérite d'être posée. Mais, à qui profite le plus cette situation ' À cette interrogation, la réponse n'est pas si difficile, puisque le rival direct du FLN pour le contrôle de la majorité des sièges au Sénat, n'est autre que le parti du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Le Rassemblement national démocratique (RND) a, en effet, tout à gagner si son frère-ennemi ne stabilise pas sa maison. A l'exception d'une poignée de wilayas de la Kabylie, pour ne pas dire Tizi-Ouzou et Bejaia seulement, où les sièges de sénateurs peuvent être encore préservés par les traditionnels partis, le FFS et le RCD, dans toutes les autres, la bataille sera concentrée entre le FLN et le RND. Le parti d'Ouyahia, qui détient actuellement 42 sénateurs et préside la Chambre haute du Parlement (Abdelkader Bensalah), compte préserver sa suprématie contre le FLN, qui vient tout juste derrière avec 40 sièges, mais qui accorde une importance capitale à ces joutes. Si le FLN a opté pour une offensive médiatique, à travers le déploiement récent de son secrétaire général et des membres du bureau politique, qui avaient supervisé les élections primaires à travers les mouhafadhas, le RND, quant à lui, a choisi la stratégie de la «riposte silencieuse», en tentant d'obtenir le soutien de certains partis de l'opposition, qui n'ont pas de chance d'élire leur candidat. Le parti d'Ouyahia a, dans plusieurs wilayas d'ailleurs, attendu pour voir le candidat du frère-ennemi, pour désigner son cavalier. Avec cette nouvelle crise qui secoue le vieux parti, le RND tentera sûrement d'exploiter ses divisions au niveau de la base, pour séduire certains élus et remporter les élections. Et, il faut le dire, avec sa stabilité et sa cohésion, la formation politique du Premier ministre part favorite, et se dirige droit vers la préservation de sa suprématie numérique au Sénat.
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