En attendant les assises nationales qui, dans un mois, devraient 'réformer la réforme" du système éducatif, les commissions s'activent. Le processus est censé aboutir, un peu à la manière de la 'Charte nationale" en 1976, à une synthèse nationale du débat.
C'est en plein débat 'sectoriel" qu'une enquête du CLA vient nous apprendre que '81% des enseignants n'arrivent toujours pas à se situer par rapport à l'approche par compétences qu'ils appliquent depuis une dizaine d'années". D'après les résultats de l'étude du Syndicat des enseignants de lycées, les professeurs interrogés ont, soit une idée confuse (74%), soit une idée fausse (7%), de la conception pédagogique qu'ils sont supposés mettre en 'uvre.
Mais soit... l'opération leur aura au moins permis d'apprendre, et nous avec, que l'Ecole algérienne avait sa doctrine : l'APC (approche par compétences). Le propos n'est pas, ici, d'apprécier la pertinence du choix ; il reste l'affaire des pédagogues. Mais, force est de constater que ce détachement du personnel de l'éducation par rapport aux objectifs et outils de l'enseignement ne peut que surprendre, voire inquiéter. Etaient-ils, peut-être, trop préoccupés par les problèmes de conditions de travail et les soucis d'ordre social pour trouver le temps d'approfondir la question de la religion scolaire qu'ils pratiquent ' Heureusement que les parents d'élèves ne se préoccupent généralement que des résultats 'techniques", des notes, de leurs enfants ! Et, subsidiairement, de savoir s'ils ne rentrent pas de l'école avant qu'eux-mêmes ne reviennent de leur travail....
Si plus de quatre éducateurs sur cinq ont du mal à appréhender le choix pédagogique national, quel progrès sommes-nous alors en droit d'espérer d'une campagne nationale de discussion menée dans l'intimité de la profession ' La situation, si elle est bien illustrée par le résultat de l'enquête syndicale, pose, en l'occurrence, une vraie question sur le mode 'de la poule et de l''uf" : 'Comment soumettre un système éducatif à l'appréciation d'un corps enseignant qui, apparemment, n'a pas les outils qui lui permettent d'avoir un point de vue sur l'enseignement qu'il dispense '"
Au dernier concours de recrutement des enseignants du secondaire, des candidats se plaignaient du fait que 'les ingénieurs et les diplômés du master sont privilégiés" et que 'les postulants de niveau DES (le cas de la plupart des vacataires) ne pouvaient être retenus qu'en cas de manque d'ingénieurs".C'est peut-être cela la compatibilité entre la politique des ressources humaines du ministère de l'Education et son option pour l'approche par compétences. Le débat s'impose, mais avant d'aborder la question de la primauté des objectifs praxéologiques sur les objectifs épistémiques, ou inversement, comme diraient les érudits, ne fallait-il pas, d'abord, renvoyer l'école à sa fonction 'fondamentale" ' Apprendre aux enfants ' et aux jeunes ' à lire, à écrire et à compter. Car l'enquête, évoquée ci-haut, nous confirme de manière édifiante que cette mission de base n'a pas été accomplie.
Hier, tandis que ces résultats étaient publiés, l'on apprenait que des lycéens avaient saccagé la Direction de l'éducation de M'sila. Autre urgence : conjurer l'Ecole de la violence et la renvoyer à sa vocation originelle : l'éducation. Mais, à ce stade, par où commencer '
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com