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Des témoignages ahurissants



Des témoignages ahurissants
Carence - D'El-Kheither à El-Biod Sidi Cheikh, de Mechria aux différents «Hmadas » au fin fond d'El-Bayadh, l'enseignement des langues étrangères reste dérisoire.
Le peu d'encadreurs qui continuent d'assurer l'apprentissage de ces langues manquent de maîtrise, d'apprentissage et de savoir-faire. La majorité est issue d'autres secteurs de la vie professionnelle et ne maîtrisent guerre la pédagogie. «A qui se plaindre ' Nous sommes les oubliés du système. Le manque d'enseignants et l'incompétence de ceux qui existent sont un fait avéré. Mais que faire '», s'interroge M.Belhadj qui se montre pessimiste, à l'image de toute la corporation de cette région.
Les citoyens ont fini par s'accommoder de cette réalité au point qu'ils ne demandent plus ces enseignants, selon notre interlocuteur qui poursuit : «Comment peut-on trouver des réponses si les moyens manquent au niveau de l'établissement. Et puis le secteur de l'enseignement est géré sans aucune règle.» Il précisera dans ce contexte qu'à un moment donné : «Je payais le loyer de mon logement de fonction à la direction de l'éducation, puis à l'APC avant de passer aux domaines et finir aujourd'hui à la commune.» Devant cette cacophonie, il se demande «quel sera l'interlocuteur de ces enseignants qui vont venir de loin pour enseigner chez nous si pour les enseignants locaux les choses ne sont déjà pas claires '». Cela pour les moyens, quant à la compétence des enseignants c'est une autre histoire. Il signalera à cet effet «le laisser-aller à l'intérieur des écoles». Il fut un temps où des prédicateurs faisaient leurs lois. Pendant plus d'une dizaine d'années, ils prêchaient au vu et au su des autorités, que la langue française est «haram». L'endoctrinement des enfants est facile et marche bien. Vous pouvez aujourd'hui ramener une lumière en terme de compétence il ne pourra rien apporter de nouveau. Les dés sont jetés. Il faut travailler sur les générations futures, pense-t-il.
Un triste et regrettable constat que tenterait d'approfondir, pour sa part, Yazid Benhamida lui aussi enseignant de langue française dans la wilaya de M'sila. «Si les chefs-lieux sont pourvus d'enseignants de langues étrangères, pour les petits patelins les choses s'avèrent dramatiques», dit-il. «Le problème se pose notamment au primaire. Ces écoles souffrent d'un déficit sans précédent, d'enseignants de langues étrangères», témoigne M. Benhamida pour qui les solutions proposées sont parfois plus dramatiques que le manque d'enseignants lui-même. «Les médecins, ingénieurs et autres, ne peuvent, en aucun cas, se substituer aux maîtres d'écoles. Ces spécialistes peuvent bien exercer dans leurs domaines. Mais, pas dans le secteur de l'éducation d'autant plus qu'ils n'ont reçu aucune formation dans ce sens», explique-t-il. M. Benhamida tient à préciser dans ce sillage que «les parents à M'sila et dans les régions voisines sont peu motivés pour l'apprentissage des langues étrangères pour leurs enfants. Contrairement aux grandes villes, la communication à l'intérieur de la famille est exclusivement unilingue ce qui ne facilite pas l'apprentissage de ces langues aux plus petits».
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