Msila - Revue de Presse

A la recherche d'un proche



Tôt le matin, des membres des familles des officiers de l'académie arrivaient sur les lieux du crime pour s'enquérir du sort de leurs proches. « Nous sommes venus de M'Sila, exactement de Ounougha, j'ai mon beau-frère qui est mort dans l'attentat mais personne ne veut nous renseigner », nous disait un jeune homme la gorge serrée. Il s'est présenté comme étant le beau-frère de la victime. Effondré, assis près d'un mur, le frère pleurait à chaudes larmes. « Vous voyez, il ne peut même pas parler mais personne ne nous oriente », ajoute le beau-frère. « Mais comment savez-vous que votre parent est mort ? », lui demandons-nous. « On a l'habitude de s'appeler tous les jours, hier son portable ne répondait pas. En plus, quand j'ai donné son nom au djoundi, il m'a dit qu'il était mort », répond-il. Ce jeune officier devait terminer sa formation en mars prochain. « Il avait fait son ingéniorat et a décidé de s'engager dans l'armée, il était heureux de réussir », disait son beau-frère. « D'habitude, il passait ses week-ends à M'Sila mais, cette fois-ci, il a voulu rester à Cherchell avec ses amis, le destin a voulu qu'il y meurt, la mort l'a gardé ici pour le prendre », ajoute-t-il avec une fatalité déconcertante.

Les familles étaient désolées de ne pas trouver une oreille d'écoute en ces moments douloureux. Elles n'avaient même pas eu droit à des condoléances de la part des responsables de l'académie. « On nous a demandé de partir d'ici sans aucune explication », disait l'un des membres. « Nous sommes allés à l'hôpital de Sidi Ghiles, on nous a dit qu'on n'y avait pas de nom des officiers morts mais que jusqu'à aujourd'hui (hier ndlr), nous avons reçu 16 cadavres que nous avons fait transférer vers l'hôpital de Blida. Vous devriez aller voir là-bas ou alors à l'hôpital militaire de Aïn Naadja d'Alger », lui aurait dit un infirmier. Errants dans une ville qu'ils ne connaissent pas, à la recherche du moindre indice sur le sort de leurs proches, ces familles venues de loin avaient droit à un peu plus d'égard. Il est évident que les réunions qui se tiennent à l'intérieur de l'académie depuis vendredi soir ne sont pas pour parler de victimes mais de défaillances de moyens de sécurité et même de politique sécuritaire qui ne semblent plus en mesure de répondre aux besoins urgents de stabilité d'un pays qui est au cÅ“ur de scénarii géostratégiques machiavéliques.


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