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Université : les failles du système de recherche mises à l'index Mostaganem : les autres articles



Plusieurs professeurs ont souligné la rareté des travaux consacrés à des préoccupations quotidiennes des agriculteurs.
Mettant à profit la tenue des 4èmes journées de recherche qu'organise annuellement la faculté des sciences de la nature et de la vie, les chercheurs ont mis l'accent sur les failles du système de recherche. Entamée par la présentation des travaux des jeunes chercheurs, dont une majorité de doctorants, la manifestation a également permis à de nombreux jeunes chercheurs de venir exposer les résultats de leurs investigations.
C'est ainsi que plus d'une soixantaine de travaux ont été présentés sous forme de posters. Répartis en 4 sessions, ces résultats préliminaires ont embrassé les grands thèmes des sciences animales, des sciences végétales, des sciences alimentaires, des biotechnologies, microbiologie de la santé et des Technologies agro-alimentaires, ainsi que les sciences du sol, l'eau, les forêts et l'environnement. Parmi la centaine de travaux exposés, ceux de Yamina En Bessisse et Khaled Chaïch de l'université d'Ouargla sont un bon exemple du travail accompli par des universités moins visibles. Dans ce travail expérimental effectué dans la région d'El Goléa, sont notés les effets symbiotiques d'une bactérie et d'une légumineuse isolée localement.
Cette coopération entre une plante et une bactérie se traduit par la fixation et la transformation de l'azote atmosphérique. C'est ainsi que cette association a permis, d'après les auteurs de l'étude, la production dans les conditions pédoclimatiques extrêmes, d'une quantité de 1787,8 kg/ha d'azote fixé biologiquement dans la partie aérienne et de 887,07 kg/ha dans la partie souterraine de la plante. Soit un rendement en azote de 2 665 kg d'azote, dont plus de 500 kg seront restitués directement au sol.
Par ailleurs, la technique originale du semis sans labour ' très en vogue en Australie et au Brésil ' a fait une incursion remarquable dans le paysage agricole national et ce, grâce aux travaux du Pr Bouzerzour Hamenna de l'université de Sétif. Son travail sur le semis direct dans les conditions semi-arides des hautes plaines sétifiennes a été présenté par Omar Touahri.
Après avoir souligné que le système classique qui utilise le labour profond suivi d'une multitude de façons superficielles pour créer le mulch terreux, augmentant les risques d'érosion hydrique et éolienne de ces milieux céréaliers, entraînant de nombreux effets négatifs sur l'environnement, ce qui a conduit peu à peu à sa remise en question ; les chercheurs lui oppose la technique du «dry farming» ou semis sans labour. Ils soulignent que l'abandon du travail du sol se présente comme une alternative susceptible de freiner la détérioration du milieu, voire de le régénérer et d'assurer ainsi la durabilité du système de production. Ajoutant que le semis direct permet d'ensemencer directement dans un sol nu ou couvert de résidus, sans recours au labour.
Les résidus protègent la surface du sol de l'érosion, ils améliorent son contenu en matière organique, ils réduisent l'évaporation et améliorent l'infiltration, augmentant ainsi la part de l'humidité utilisable par la culture. A l'appui de leur démonstration, ces chercheurs présentent les résultats préliminaires effectués avec une variété locale de blé dur, le fameux Mohamed Ben Bachir, très apprécié des céréaliers algériens.
Leurs résultats indiquent que le semis direct améliore l'installation de la culture, le rendement grain, les composantes du rendement, la biomasse accumulée et le rendement en paille comparativement au semis conventionnel. Sous conditions de non labour, les résultats ne montrent pas de tendance pour ce qui est de la variation de la matière organique, probablement parce que l'expérience est encore à ses débuts.
Les résultats montrent, par contre, une densité apparente plus importante en non labour, qui s'explique par une plus forte perméabilité du labour conventionnel. Toutefois, les rares travaux novateurs et en relation directe avec les préoccupations des fellahs ne sont pas légion. En permettant à des centaines de chercheurs venus des quatre coins du pays de se rencontrer et d'exposer leurs travaux, les responsables de l'université de Mostaganem ont également permis de tirer la sonnette d'alarme.
En effet, lors du débat général, plusieurs professeurs ont souligné la rareté des travaux consacrés à des préoccupations quotidiennes des agriculteurs. C'est pourquoi leur principale recommandation sera axée sur la mise en place d'une étroite coopération avec les agriculteurs qui sont en droit d'attendre des universitaires une plus forte présence à leurs côtés. Il a même été suggéré que la prochaine rencontre se fasse en présence des fellahs et des opérateurs de la sphère agro-industrielle.
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