Mostaganem - A la une

Une ville, une histoire



Une ville, une histoire
Résistance - C'était l'époque où les activistes du PPA se réunissaient secrètement tous les soirs, parfois même dans un cimetière comme ce fut le cas à Mostaganem.
Nous sommes dans les années 1950, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Messali Hadj parcourt les villes et les villages du pays pour porter la bonne parole.
Il est au sommet de sa puissance. Il est adulé comme un dieu et son moindre déplacement est tenu secret jusqu'à la dernière minute.
Et lorsqu'il arrive quelque part, vous êtes sûrs que les services de renseignements français ne sont pas loin.
L'image et le charisme de cet homme sont tels que certaines familles n'hésitent pas à suspendre son portrait au mur, quand il ne trône pas sur la table de nuit au milieu des photos de famille.
C'est le branle-bas de combat quand il est invité chez un militant.
Les enfants l'embrassaient sur le front pour la baraka et les femmes poussaient des youyous de joie.
C'était l'époque où les activistes du PPA se réunissaient secrètement tous les soirs, parfois même dans un cimetière comme ce fut le cas à Mostaganem.
Le cimetière de Sidi Maâzouz a longtemps servi de salle de conférence aux frères de la cause.
C'est précisément dans cette ville singulièrement ultra qu'un jeune patriote, chauffé à blanc, réalisera l'impensable en défiant l'administration et ses supplétifs.
Un soir à minuit, à la sortie des cinémas, quand la ville se vide et se dénude qu'il escaladera les toits de la mairie, grimpera jusqu'au mât où flotte le drapeau tricolore et le remplacera par le drapeau vert et blanc.
Stupeur le lendemain, au réveil des colons.
L'emblème national sera évidemment enlevé et une enquête sera diligentée sur le champ.
Tous les Algériens proches de Messali et du PPA seront interpellés et interrogés au commissariat.
Quelques-uns parmi eux seront même jetés en prison.
Lorsque la voiture de police arrivera dans le quartier du jeune héros, au beau milieu de la soirée, les voisins étaient sûrs que c'était pour le cueillir.
Etant persuadé qu'il allait passer le reste de sa vie en prison, il se couvrira chaudement, embrassera ses frères et s'urs et allumera une cigarette en attendant qu'on frappe à la porte.
Au bout d'une heure, aucun flic ne se présentera et une vieille amie de la famille lui annoncera que les Français avaient embarqué en fait un voyou longtemps recherché et qui avait trouvé refuge dans les parages.
Et c'est ainsi que ce brillant nationaliste passera en travers des filets.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)