Mostaganem - A la une

«Une destination se construit ou se reconstruit sur vingt ans»



«Une destination se construit ou se reconstruit sur vingt ans»
A chaque saison estivale, le problème de l'inaccessibilité des tarifs et leur inadéquation avec la qualité de service se pose au niveau des sites touristiques alors que les annonces d'investissements ne manquent pas. Pourquoi, à votre avis 'L'inaccessibilité des tarifs pour les Algériens est due à la pénurie de lits, moins de 50 000, campings organisés inclus pour une demande nationale estimée à deux millions de postulants qui aspirent à passer des vacances en bord de mer. Devant cette situation de net déséquilibre entre l'offre très insuffisante et une demande trop forte, les hôteliers, privés notamment, abusent de la spéculation tarifaire tout en fournissant en contrepartie le plus mauvais rapport-qualité/prix du bassin méditerranéen.Des prestations rédhibitoires, mauvais services (formation négligée), mauvaise hygiène et séjours dans des hôtels peu commodes et inhospitaliers par leur architecture hideuse s'apparentant à des dortoirs, sans piscine, et s'ils en possèdent, celle-ci est de forme rectangulaire qui rappelle les bassins agricoles des domaines autogérés de l'époque socialiste. Le drame, ces non-hôtels ont eu les autorisations d'être construits dans des endroits qui devraient revenir à des 5 étaoiles à l'architecture belle et attrayante observée à Hammamet, Yasmine, Antalya, Sharm Ech Cheikh, Agadir !Aucun hôtel de ce niveau n'existe sur tout notre littoral. Un exemple effroyable d'un Hamiz (grand bazar algérois) hôtelier qui a vu l'apparition, au cours des dix dernières années, au niveau des Sablettes et Salamandre à Mostaganem, où des hôtels balnéaires siamois, collés les uns aux autres rivalisent dans une architecture repoussante. C'est un cas d'école que cette station balnéaire dans le sens de la négation, du laisser-aller et de la médiocrité ambiante.Cette situation laisse place aux locations informelles, mais même à ce niveau, les tarifs ne sont pas abordables. N'y a-t-il pas lieu de réglementer ce segment 'Le logement informel ou chez l'habitant se développe anarchiquement et sans contrôle ; pourtant, en 2008, à l'époque de Chérif Rahmani, un texte réglementaire souple a été élaboré (je l'ai vu et lu), favorable aux touristes nationaux et aux loueurs. Dans la transparence, les estivants sont déclarés aux services de police, des normes d'hygiène et de sécurité interne au logement sont exigées, le confort minimum aussi, mais sans dépasser les cinq chambres. Ceux qui adhèrent à ce cahier de charges auront un panonceau accroché sur le mur d'entrée (maison d'hôte ou gîte touristique) et seront listés sur une réservation centrale qui facilitera la recherche et la réservation des familles algériennes. Ce texte, hélas, demeure bloqué au niveau du ministère de l'Intérieur pour des raisons sécuritaires, semble-t-il. Ceci démontre l'absence de volonté politique réelle et factuelle qui aurait réglé ce problème en une année. Huit années, du jamais-vu ailleurs ! Pendant toutes ces années perdues, la spéculation tarifaire sévit aussi, ainsi que l'arnaque chez certains loueurs de chambres, de villas ou d'appartements.Avec tous ces manquements, les Algériens sont de plus en plus nombreux à se tourner vers la Tunisie...Les Algériens partent en masse en Tunisie, la majorité par route, pour fuir des prestations hôtelières d'un niveau carcéral (comparé aux prisons de Scandinavie ou des Pays-bas qui sont d'un confort appréciable), des plages sales, polluées, où l'incivisme règne. Ils partiraient aussi en masse au Maroc si les frontières étaient rouvertes pour les mêmes raisons. Voilà deux pays maghrébins, et le nôtre qui s'entête à ne pas les imiter, surtout sur le plan investissement hôtelier et architectural. Une honte qu'on observe avec les tares et lacunes inadmissibles de notre hôtellerie médiocre, coincée entre deux hôtelleries concurrentes et de qualité supérieure.Le tourisme est l'un des secteurs pouvant jouer un rôle dans la diversification de l'économie. Comment faire dans ce cadre 'Sans volonté politique réelle et effective, je ne cesserai de le répéter et sans culture touristique, qui est absente même chez beaucoup de gouvernants et décideurs. Le tourisme, cette richesse dormante depuis trente années, est abandonnée par les pouvoirs publics qui font semblant de s'en occuper, mais qui s'en occupent mal par manque de conviction et par manque de compétences avérées. Notre tourisme demeure fermé aux étrangers, c'est l'avis d'experts internationaux que nous côtoyons et en direction des nationaux, c'est la catastrophe. Des échecs répétés, sans remèdes depuis des années. Donc, il n'y a aucun espoir que le tourisme puisse jouer un rôle important dans l'économie nationale, ni à court terme ni à moyen terme. Une destination se construit ou se reconstruit sur vingt ans.
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