De notre envoyée spéciale à Mostaganem
Wafia Sifouane
Rendez-vous incontournable de tous les amoureux du 4e art, ses passionnés et ses adeptes, le festival national de théâtre amateur de Mostaganem s'est ouvert dimanche dernier pour plus d'une semaine de théâtre, de découvertes et d'échanges. Abrité par la maison de la culture Ould Abderrahmane Kaki, ce festival qui est à sa 45e édition a drainé, comme à l'accoutumée, un grand nombre de spectateurs pour sa soirée inaugurale qui a été marquée par la représentation «l'Histoire de mon pays». Montage artistique mêlant théâtre et projections d'images, ce spectacle mis en scène par le jeune Mohamed Tekiret est le fruit d'un brassage de deux textes dont 132 ans d'Ould Abderrahmane Kaki et Histoire de mon pays de Charef Berkati. Sur une scène nue avec des rideaux blancs pour seul décor, le spectacle s'amorce avec la projection d'images de scènes de théâtre commentées par la voix du défunt Kaki. Après quelques instants de confusion, durant lesquels on a du mal à comprendre le thème du spectacle, le public découvre des images d'antan qui racontent l'histoire de l'Algérie. Spectacle très rythmé, l'Histoire de mon pays est une reconstitution des étapes phares de la révolution algérienne. Joué par une vingtaine de jeunes comédiens (tous originaires de la ville de Mostaganem et activant dans des troupes théâtrales indépendantes), le spectacle qui souffre de grandes faiblesses au niveau de la mise en scène a cependant charmé le public grâce a la spontanéité des comédiens et à la bonne humeur qu'ils ont réussi à transmettre. Constitué de différents tableaux chorégraphiques, le spectacle s'est néanmoins distingué en abordant le thème du cinquantenaire de l'Indépendance d'un point de vue dans lequel tous les gens se sont reconnus.Après cette soirée inaugurale assez réussie, le festival s'étalera jusqu'au 3 septembre 2012, donnant ainsi l'occasion à une douzaine de troupes de jeunes amateurs, venus de neuf wilayas, de faire valoir leur talent aux yeux du jury. Un jury qui, rappelons-le, est composé de Abdelkader Belkeroui, Bouziane Ben Achour, Youcef Taouinet et Larbi Ben Zidane. Par ailleurs, on relèvera une grave faute de programmation dans cette soirée inaugurale qui est la lecture de quelques versets coraniques par un jeune au début de la cérémonie d'ouverture. Un fait qui a choqué plus d'un car la place du Coran n'est pas dans un festival de théâtre encore moins dans une soirée inaugurale. Encore plus aberrant, certains présents confus et touchés par la belle voix du jeune lecteur de Coran, n'ont pas hésité à applaudir chaleureusement le jeune homme avant même qu'il puisse terminer la lecture de la sourat. Heureusement que la troupe Ennouhassia de la Protection civile d'El Hamiz, Alger, a su remettre les pendules à l'heure en interprétant quelques chants patriotiques et cela dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de l'indépendance. Avec à sa tête un nouveau commissaire, M. Rachid Djrourou, le festival national de théâtre amateur est un événement qui tente de sortir de l'amateurisme dans lequel il a été confiné durant des années pour devenir le tremplin des nouveaux talents et se faire réapproprier par la nouvelle génération du 4e art.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : W S
Source : www.latribune-online.com