Ce mercredi matin, la grande salle de la bibliothèque universitaire aura droit à une animation particulière. En effet, à l'initiative du département des arts plastiques, la réalisatrice Yasmina Bachir Chouikh présentera, devant un large public composé d'étudiants mais également d'universitaires et d'hommes et de femmes de culture, son film culte « Rachida ».
Elle sera accompagnée de l'actrice Bahia Rachedi qui joue le rôle de Aïcha, la mère de Rachida.Dès sa sortie en 2002, le film sera encensé par la critique d'outre-mer qui le saluera comme étant un film courageux, sensible, profond et plein de tendresse, malgré la violence qu'il décrit sans ostentations ni hémoglobine. La violence y est décrite sans excès mais avec beaucoup de justesse dans les propos et dans l'image. Pour son premier film, la réalisatrice, qui est une technicienne du 7ème art, a cherché à décrire, avec le maximum de justesse, une chronique villageoise durant les années de terreur intégriste. Puisé dans des faits réels, il retrace l'insoutenable vie d'hommes et de femmes ordinaires, vivant dans un pays rendu exsangue par la horde intégriste. Ceux qui l'ont vu et admiré souligneront le formidable tour de force de la réalisatrice qui sera parvenue, sans fioritures, à éviter l'écueil politicien pour se focaliser essentiellement sur les drames humains. Ce qui n'empêchera pas ses personnages de s'interroger sur l'origine de ce mal, sur l'absence totale de l'Etat et la démission des autorités face au déferlement de violence qui a mené le pays au bord de l'implosion. Ce film témoignage parle surtout du courage des femmes, notamment de Rachida, la jeune institutrice qui incarne la femme résistante et récipiendaire des vraies valeurs humaines. C'est assurément un film courageux, puisque tourné en Algérie, un film qui décrit avec rectitude le combat des femmes algériennes de toutes générations. C'est ce film témoignage, fait presque dans le feu de l'action, à la manière d'un reportage, que les étudiants de l'université de Mostaganem seront appelés disséquer avec leur regard juvénile et un peu distrait par la morosité ambiante. C'est ce choc frontal entre une cruauté mal assumée et une nonchalance insolente qui mérite le détour. La projection, qui durera 100 minutes, sera suivie d'un débat qui mérite franchement d'être gravé pour la postérité.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M. Samira
Source : www.elwatan.com