Il ne manquait rien que cela ! Déjà qu'on se préoccupait de la sacrée dose de témérité à s'en armer pour descendre en ville sans porter une arme blanche, comme au bon vieux temps, et sans l'inquiétude de la voyoucratie masculine démocratisée, voilà le signal fort que la délinquance n'a plus de sexe ! Le fait divers du gogo bijoutier tremblotant de plaisir de caresser l'adolescence de sa cliente, qui s'est retrouvé au bloc opératoire en frôlant le cimetière, est encore chaud et frais dans la chronique locale des bus et des cafés de Mostaganem. La femme incarnant de nature la fragilité et la douceur, ne pouvait pas se concevoir délinquante, surtout avec un coutelas dans la main ! Qu'on se le dise ! La délinquance et le crime n'ont plus de sexe ! La femme faite pour la possession, la procréation, la popote et la garde de la maison date de la maison où la télévision n'avait pas encore de place. La silhouette blanche emmaillotée dans un haïk qui pourchasse l'ombre de son homme, et qui ne bouge qu'au signe de son doigt ou son regard, est une image du siècle passé. Le code de la famille a enlevé les moustaches à ceux qui croyaient que la prison était faite pour les Hommes, et brisé les bras de ceux qui se disaient moi et moi, je suis le bon Dieu d'ici-bas chez moi. Depuis toujours privée, les idées reçues, les réticences sociales et les tabous en firent les frais, au gré des droits à l'émancipation, parfois arrachée, parfois cédée. La conquête de l'emploi réservé exclusivement macho, a largement dépassé la prédisposition ''naturelle'' à l'infirmière et la ''mouâlima'' des premières années de l'indépendance. De ses prédispositions populaires, la ''transgression'' professionnelle s'est élargie à la ''chauffeuse'' de taxi et d'engin, à la juge et procureur qui ne tiennent plus compte de vos moustaches pour délibérer, de la policière qui n'éprouve plus de gêne pour matraquer ses frères, jusqu'au plus haut grade de Mme le Général placé sous les ordres d'un moins gradé qu'elle. Et certainement heureux aurions-nous été si les conquêtes féminines des revendications s'étaient arrêtées aux occupations légitimes et halal. De victime elle verse dans la délinquance, sous l''il bienveillant d'un Etat qui n'existe plus. Sousou l'agresseur (même pas agresseuse que ni le Larousse ni le Robert n'ont pu prévoir) n'est plus sa grand-mère Fatma, Fatima, Hlima, Zohra ou Oum El Kheir, ni khdidja, Aïcha, Zoulikha ou Kheira que l'opinion populaire prétendait peureuse. Sousou, c'est comme Aya, Mariya, Kayen ou Malak et je ne sais quoi encore. Elle n'a pas hérité son prénom de ses ascendants, mais elle le tient du feuilleton moyen-oriental, ou le doit à la sage-femme de la maternité qui l'a vue naitre. Elle et ses semblables filles-macho clochard se dispensent de la loi des quotas dont les sbires du Front et du Rassemblement vont décider du pourcentage. Les parents ont démissionné, l'Etat est occupé à voir comment conserver le siège d'un Pouvoir obsolète, et Sousou se balade avec son poignard ! Alors, qu'adviendra-t-il de nous, pauvres hommes, qui ne savons pas comment manier une arme blanche, et qui avons honte de porter plainte contre l'agression d'une femme ' Dieu nous en préservera !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M O T
Source : www.reflexiondz.net