
La campagne d'arrachage de la pomme de terre de saison bât son plein dans la région de Mostaganem. Comme à l'accoutumée, ce sont les fellahs des Kraïmia qui ouvrent le rituel.Récoltée précocement, leur pomme de terre marque un véritable tournant puisque, dès les premiers coups de bêche, ce sont des centaines de camions en provenance de l'Est du pays qui convergent vers Mostaganem. Entamée dès la dernière semaine du mois de mars, cette campagne s'annonce sous de curieux auspices. En effet, cette année, les grandes villes du pays ont été inondées par la patate du grand sud. Se déclinant en blanc et en rouge, la papate d'El Oued a tenu la dragée haute à sa concurrente du Nord. Mais ce ne sera plus le cas, du moment que les livreurs de l'Est et du Centre du pays privilégient la pomme de terre nouvelle.Cette situation ne s'est pourtant pas traduite sur les prix de vente à la parcelle qui sont restés étonnement bas par rapport aux années antérieures. En effet, habituellement, les fellahs des Kraïmia s'autorisaient à récolter des tubercules précoces, mais avec de faibles rendements que les prix du marché compensaient allègrement. Quelle ne fut leur surprise de voir que, cette année, le prix de cession sur parcelle n'a pas dépassé les 3 dinars alors qu'habituellement ils oscillaient entre 45 et 55 dinars ! La plupart des fellahs ont été refreinés par le prix de vente, ce qui les aura incités à laisser leurs patates grossir davantage, améliorant ainsi le rendement de manière parfois substantielle. Ce qui a redonné un peu d'espoir aux agriculteurs du grand Sud qui ont réussi à écouler leurs ultimes récoltes.Mêmes les opérateurs qui avaient stocké de la pomme de terre d'arrière-saison en ont profité pour vider leurs frigos. Il faudra bien que les pouvoirs publics prennent les mesures incitatives qui aideraient la filière à assurer un approvisionnement régulier du marché local et à répondre à la forte demande exprimée par de nombreux pays. Depuis plusieurs mois, les délégations se relaient dans la région, à la recherche de pomme de terre de qualité. Les quelques milliers de tonnes exportées durant l'année écoulée ont fini de persuader les consommateurs européens de la grande qualité gustative de nos pommes de terre. D'ores et déjà, certains opérateurs ont planté les variétés les plus appréciées, apportant les plus grands soins à cette culture. Il reste que la noria des prix ne facilite pas la tâche des exportateurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Alim
Source : www.elwatan.com