
C'est un rêve qui se prolonge de ne penser qu'à ma ville Mostaganem. Au petit matin, encore titubante de ses excès, elle me guide vers ses rues somnolentes. Chaude et vibrante, elle s'étire sous les premiers néons, prête à prendre la pause. Elle a encore de l'allure. C'est ça qui me plait. A ses côtés, chaque jour est une déclaration. Mordue de ses pierres et de son asphalte, je revisite les lieux qui lui sont chers et capitule, prise au piège de ses charmes. En dénudant les lettres de ses admirateurs, j'y lis cette phrase "Je vous écris de Mostaganem". Elle n'est pas celle dont on oublie le nom et les poètes chanteront longtemps les morsures de sa romance. De qui tient-elle un tel pouvoir' Est-ce celui de cet homme au turban croisé sous le pont du 17 octobre' Est-ce celui de son soleil d'hiver si pâle qu'il en paraît éteint' Elle a connu bien des tourments et de nombreuses batailles se sont livrées sur ses pavés. Pourquoi était-elle si cruelle' Mostaganem, à bien y réfléchir, elle est une sacrée peau de vache, toujours disposée à prendre les armes, à dépouiller les badauds ou à vamper dans le jardin de l'Emir. Ma ville, elle est, oui, à cet instant je vous vouvoie, une carcasse bien roulée dans un fourreau du sacré c'ur. Quant à la Mosquée Sidi Yahia, elle ne vous surveille pas assez. Je l'ai questionnée à son sujet et la réponse d'en haut se fait attendre. Il ne doit plus y avoir personne depuis longtemps. Encore une question, d'où ce charme inépuisable lui vient-il' Serait-ce du jaune de sa Ain Sefra' Serait-ce de ses cafés louant leurs rêves sur des ardoises' Serait-ce de ses avenues à bout de souffle' Serait-ce de cette rive si maladroite qu'on la dit répugnante' Serait-ce de son ciel gris inventé pour compter les moutons' Mais, en saint chérissant son mystère elle demeure une ville sans réponses, une ville qui n'en finit jamais, une ville qui prend Sidi Abdellah de force. "Ah ça ira, ça ira..." Comme elle l'a compris, je l'ai toujours aimée. Pourtant, j'ai le c'ur volage et il m'est arrivé de l'oublier, voire de lui mentir. Que veux-tu, je suis né entre ses murs et elle m'a légué son foutu style. Au fait, je n'ai jamais eu le béguin pour le centre ville. Comment pourrait-on faire pour qu'elle s'en débarrasse'
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said
Source : www.reflexiondz.net