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Musique arabo -andalouse Nassima Chabane chante l'Emir Abelkader



Musique arabo -andalouse Nassima Chabane chante l'Emir Abelkader
Influence - Nassima Chabane, pétrie par la pensée soufie, est profondément inspirée par les poèmes de l'Emir Abdelkader.
Après avoir renoué avec son public, jeudi, lors d'un concert donné à la salle Ibn Khaldoun et ce, à l'initiative de l'établissement Arts et Culture, Nassima Chabane, l'une des voix du chant arabo-andalou, donne, une fois encore, rendez-vous à son public le 27 mai pour un récital entièrement dédié à la poésie soufie de l'Emir Abdelkader qu'elle réussit à mettre en musique avec brio.
«Le public m'a vu naître ; j'ai grandi avec mon public algérien ; il faut que je reste fidèle à moi-même et à ce public qui m'a vu grandir, et c'est la raison pour laquelle que, lors de mon prochain récital, je vais leur parler, au-delà de la musique, avec des mots sincères et vrais qui émanent du c'ur», dit Nassima Chabane, pour qui cette prochaine date, celle du 27 mai, sera «un autre moment important de retrouver mon public qui m'a manqué et avec lequel je compte partager un grand moment de bonheur».
Le programme de son prochain concert - ça sera aussi une date importante pour l'artiste puisqu'elle va présenter son nouvel album - sera consacré à l'Emir Abdelkader.
«J'ai commencé à travailler sur l'Emir Abdelkader, j'ai fait beaucoup de recherche sur sa pensée, j'ai réuni beaucoup de poèmes, et je peux l'avouer, ça été très difficile d'en faire la sélection tellement ils sont magnifiques», explique Nassima Chabane, et d'abonder : «Lorsque j'ai commencé à travailler sur l'Emir Abdelkader, celui-ci m'a ramené à Ibn el-Arabi qui, lui, à son tour, m'a conduite au Saint-Patron de Tlemcen, qu'est Sidi Boumedienne, lequel m'a ramené à d'autres Saints, à l'exemple de celui de Mostaganem, qui sont des poètes et des penseurs. Et donc, de fil en aiguille, j'ai revisité un millénaire de Tassaouf, et cela était aussi une occasion de renouer avec l'histoire de l'Algérie.» Nassima Chabane, qui a mis les écrits poétiques de l'Emir Abdelkader en musique, dira à propos de ce dernier : «Il est, outre le fondateur de l'Etat de l'Algérie moderne, un penseur, un poète ; il est d'une vaste culture et d'un grand savoir. J'aime ses écrits parce qu'il était simplement très sincère ; il était vrai. En reprenant ses poèmes, j'ai ressenti quelque chose de fort, ils dégageaient d'intense sentiments. L'Emir Abdelkader était un homme de paix, de dialogue ; il portait en lui les valeurs universelles.» Nassima Chabane, qui jouit d'une reconnaissance internationale, regrette qu'elle ne profite pas de cette même reconnaissance dans son propre pays. «J'ai une reconnaissance internationale et j'en suis fière, malgré ça, j'ai besoin d'être davantage reconnue en Algérie ; pendant 40 ans de carrière, j'ai donné le meilleur de moi-même», confie-t-elle, et d'ajouter : «Je continue à 'uvrer à l'étranger pour donner une meilleure image de l'Algérie.»
- Nassima Chabane envisage de créer une école en Algérie pour transmettre son savoir. «Cette transmission, je m'en occupe déjà à l'étranger, notamment à travers les échanges interuniversitaires», dit-elle, et de renchérir : «J'enseigne l'arabo-andalou (version algérienne) à Paris au Centre culturel algérien. Je suis donc prête et même décidée maintenant de fonder une école ici en Algérie parce que j'ai beaucoup de choses à transmettre. Je viens d'une lignée de maîtres, mes maîtres m'ont transmis les secrets de cet art qui, d'ailleurs, transmet une fois de maître à disciple. Et je suis prête à le faire.» Ainsi, l'artiste souhaite enfin ouvrir une école à Alger pour transmettre le flambeau et tout ce que lui ont confié ses maîtres dans le domaine. A la question de savoir si préserver le patrimoine relève de la préservation de la souveraineté nationale, Nassima Chabane répondra : «Préserver le patrimoine matériel et immatériel, dont la musique arabo-andalouse (version algérienne) est en effet une façon de préserver la souveraineté nationale. C'est d'ailleurs ma mission parce que tout en étant ici et ailleurs, j'essaie, dans tous les cas, dans la mesure du possible, de préserver notre patrimoine, notre particularité, notre identité culturelle et notre personnalité musicale.» Cette ambassadrice de la musique arabo-andalouse algérienne a été sélectionnée par l'Institut mondial de la musique (World Music Intitute) parmi de nombreux interprètes, pour représenter l'Algérie et la musique algérienne au Carnegie Hall (New York) en février 2011.
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