Les étudiants du cycle LMD disent que la licence n'offre aucune perspective de carrière puisque l'Ordre des architectes, qui est la seule institution à délivrer le sésame pour accéder à ce corps de métier tant prisé, refuse catégoriquement de reconnaître ce diplôme.
Installé depuis peu dans les murs de l'ex-institut des travaux publics, à deux pas du rond-point de Sidi Othmane, le département d'architecture dépendant de l'université de Mostaganem est en pleine ébullition. En effet, après deux semaines de grève, les étudiants du cycle LMD qui arrivent à la fin de la première phase ne voient pas le bout du tunnel. Leurs doléances maintes fois exposées à la tutelle s'articulent autour de la minuscule licence qui n'offre aucune perspective de carrière puisque l'Ordre des architectes, qui est la seule institution à délivrer le sésame pour accéder à ce corps de métier tant prisé, refuse catégoriquement de reconnaître ce diplôme d'étape.
De ce fait, de brillants bacheliers, comme nous l'expliquera un enseignant, se retrouvent sans aucun débouché et surtout sans aucune perspective de travail, même à titre privé. Cette incroyable impasse ne nous a jamais été évoquée lors de notre inscription, fulmine ce dynamique étudiant de 3ème année, ce qui n'est pas très objectif, lui rétorque alors un enseignant, puisque tous savaient qu'ils s'inscrivaient en LMD. Un dialogue de sourd qui cache en réalité une situation dramatique pour plus de 500 étudiants. Car ce système ne semble avoir rien prévu pour cette filière très particulière, comme le fera remarquer un autre enseignant qui juge les requêtes parfaitement justifiées.
Car, selon nos interlocuteurs, la formation en architecture n'a rien gagné en intégrant le système LMD, même si les perspectives d'un master, voire pour les plus chanceux et les plus appliqués, celles d'un doctorat, restent très aléatoires. Ce qui est admis par tous, c'est que seule une infime partie pourra accéder à la formation doctorale. D'où le désemparement qui perle sur ces visages juvéniles qui sont convaincus d'avoir à tout le moins fait un mauvais choix; d'autres parlent tout simplement d'une plaisanterie de mauvais goût.
Cette lassitude qui confine à de l'abattement, est aussi partagée par les familles des étudiants qui ne comprennent pas pourquoi une filière jadis si florissante et très recherchée s'est transformée en un véritable coupe-gorge pour leurs enfants. Même chez les jeunes étudiants en magister, cette situation est vécue avec beaucoup d'amertume. C'est un peu grâce à eux qu'une manifestation autour du patrimoine se tient au sein de l'institut. Comme pour conjurer ce mauvais sort, étudiants et enseignants se sont retrouvés pour célébrer, à leur manière, le patrimoine.
Ça donne une succession d'images et de textes où sont répertoriées différentes phases de l'architecture, depuis les temps préhistoriques jusqu'à nos jours. Les organisateurs ont ouvert un atelier consacré aux matériaux anciens. Par ailleurs, un groupe d'écoliers a fait l'objet d'une attention particulière, puisque en sus de la visite guidée des différentes expositions, les jeunes ont put accéder à l'atelier de dessin où ils furent soumis à rude épreuve.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Alim
Source : www.elwatan.com