Une coopérative immobilière en souffrance
Selon les termes d?une requête destinée au chef du gouvernement ainsi qu?au garde des Sceaux, un citoyen n?hésite pas à parler d?escroquerie dont il aurait été victime de la part d?une entreprise publique. En effet, selon plusieurs documents en notre possession, L?ETRHV dont le siège est sis à la vallée des jardins, aurait engagé en 1993, par avis de presse, une procédure de vente promotionnelle de 40 logements semi-collectifs. Une formule très en vogue à l?époque et qui permettait à de simples fonctionnaires ayant des revenus réguliers, sans être conséquents, de bénéficier d?un logement non fini. C?est dans ce cadre que ce citoyen signera conjointement avec le DG de l?ETRHV un contrat de réservation en date du 2 janvier 1998 par lequel l?entreprise publique s?engageait à livrer l?ossature d?un logement de 162 m2 situé dans le quartier de l?OAIC, sur les hauteurs de Mostaganem. Un site de rêve avec une superbe vue panoramique sur la mer et le golfe d?Arzew à l?horizon. Au titre du premier versement, chaque contractant devra verser 185 135,34 DA, représentant les 20% d?apport initial tel que stipulé dans le contrat de cession en son article 2. Entre- temps, sur le site retenu, des travaux de viabilisation et de terrassement sont bel et bien engagés, ce qui motive une lettre de l?ETRHV à l?intention des 40 bénéficiaires. Des rallonges exigées Lettre datée du 10 août 2002 par laquelle l?entreprise fait part d?un solde débiteur qu?elle justifie par la situation des travaux réalisés. À chaque bénéficiaire, une rallonge de 40 406,30 DA est exigée. Une somme que les clients doivent verser au compte ouvert à cet effet auprès de la BDL, sous huitaine. Ce qui porte le total des versements effectués à pas moins de 220 541 DA par personne. Après avoir effectué ce versement qui aura pour effet de raviver l?espoir après un silence de plus de 4 années, les bénéficiaires se remettent à rêver. Pas pour longtemps car les choses se compliqueront rapidement. En effet, empêtrée dans des problèmes internes consécutifs à un effondrement des commandes et un changement de direction, l?ETRHV arrête les travaux de construction de la coopérative immobilière au grand désappointement des clients. Dont certains finiront par demander des comptes et iront jusqu?à ester en justice l?entreprise. Ils réclament le terrain qu?ils sont censés avoir payé, à en croire la lettre du 10 août 2002 émanant de la direction de l?ETRHV. Lettre dans laquelle le promoteur précise que la valeur de cession du terrain est fixée à 4 271 400 DA. Ce qui explique pourquoi, une fois le versement effectué, les bénéficiaires considèrent alors que ce terrain leur reviendrait de droit. En effet, l?accumulation des 2 versements atteint plus de 8 millions de DA, soit près du double de la valeur du terrain. Une somme consistante qui n?a pas encore réussi à vaincre les lourdeurs administratives ni à parachever la construction. C?est le souhait de l?ensemble des clients qui attendent un éventuel dénouement de cette affaire. Les appels au chef du gouvernement et au ministre de la Justice ressemblent gravement à un cri de désespoir. Sur le site, les semelles en béton desquelles émergent des bouts de ferrailles que la rouille n?aura pas épargnés -rappelant curieusement, avec le talent en moins, les fameuses colonnes de Buren- narguent invariablement les passants. Quant aux clients, la seule rumeur d?une vente imminente de ce terrain à une autre entreprise aura fini par les accabler davantage.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Yacine Alim
Source : www.elwatan.com