La librairie Yasmine-El-Gharb de Mostaganem vient de mettre la clé sous le paillasson. La cause : la situation financière difficile dans laquelle se trouve l'établissement, notamment en cette conjoncture de crise sanitaire.Depuis deux ans, la librairie Yasmine-El-Gharb, située au centre-ville de Mostaganem et spécialisée en littérature et sciences humaines, impulse une dynamique particulière à la vie culturelle de Mostaganem. Devenu très rapidement un endroit incontournable et un espace d'échange et de convivialité, la librairie souffrait néanmoins de la crise de lecture qui touche le pays depuis des décennies.
Le créateur et gérant de l'établissement, Amine Maâche, n'a pas ménagé ses efforts pour proposer un service original et diversifié tout en prenant en compte la réalité du marché du livre. Ainsi, Yasmine-El-Gharb est devenue un véritable centre culturel et un point de chute pour les amoureux de la lecture. Le libraire, conscient qu'une librairie n'était pas un commerce ordinaire, a multiplié les initiatives afin de faire vivre son établissement et de maintenir cet îlot de littérature et de philosophie dans sa ville natale.
Ainsi, 500 titres étaient dédiés au prêt ou à l'échange tandis que les professeurs et étudiants universitaires bénéficiaient d'un système de vente par facilité avec payement mensuel, etc.
Bien que ces efforts aient créé autour de la librairie un microcosme fidèle fait d'amoureux de la lecture, d'étudiants et d'enseignants, ils n'ont pas pu maintenir l'entreprise à flot. Asphyxiée financièrement, Yasmine-El-Gharb ne parvenait pas même à équilibrer ses charges (location, impôts et assurances) avec ses entrées pour le moins dérisoires : «Dans les meilleurs jours, on pouvait faire 5 000 DA de ventes quotidiennes dont il ne restait que 900 DA de bénéfice. À d'autres moments, on pouvait enregistrer zéro vente sur des journées entières», explique le libraire.
Après l'annonce de sa fermeture, des dizaines de citoyens et de clients réguliers ont afflué dimanche à Yasmine-El-Gharb pour assurer le libraire de leur soutien. «Certains professeurs d'université se sont même engagés à payer le bail de location pourvu que la librairie reste ouverte», raconte Amine. Il indique par ailleurs qu'un conseiller au ministère de la Culture l'a contacté afin de trouver une solution : «Il m'a notamment orienté vers la Direction de la culture de Mostaganem qui devrait nous acheter un certain nombre de titres pour sa bibliothèque.» Reprenant espoir suite à cette vague de solidarité, Amine Maâche pense donc à changer de local afin de trouver un bail moins cher et poursuivre l'aventure de Yasmine-El-Gharb.
Sarah H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sarah Haidar
Source : www.lesoirdalgerie.com