C'est à l'initiative de la CNAS de Mostaganem qu'une campagne de sensibilisation et de dépistage du cancer du sein va être lancée à travers toute l'étendue de la wilaya.
Il s'agit pour ses initiateurs de permettre à toutes les femmes âgées de plus de 40 ans de prendre conscience que seul un dépistage et un traitement précoces peuvent réduire le taux de mortalité de cette maladie pernicieuse. Cette action va s'étaler sur une semaine et devrait toucher le plus grand nombre possible de femmes. A la direction de la CNAS, on est conscient de lutter non pas seulement contre une maladie, mais aussi contre les traditions ancestrales et les tabous que véhicule le cancer du sein. C'est également dans le souci de venir en aide aux femmes qui vivent cette maladie dans un total désarmement et dans une grande solitude.
En effet, ce mal invalidant est souvent vécu comme un châtiment personnel, puisque toutes les femmes ont la hantise de la réaction de l'autre, surtout celle du conjoint. Car, dans la plupart des cas, lorsque la mammographie est positive, on pense tout de suite à l'ablation, ce qui handicape lourdement les patientes qui ne sont jamais accompagnées lors de cette terrible épreuve. Curieusement, la CNAS qui dispose d'un fichier de 147.000 assurés sociaux, n'emploie aucun psychologue. Pourtant, il est avéré que la présence d'un psychologue est fortement souhaitée du moment que dès le processus de dépistage, la femme entre dans un état psychologique fébrile. Plus que toutes les autres maladies, le cancer du sein se vit en solitaire, avec la hantise de l'opération et de la mort.
A la CNAS, on souligne qu'à travers le monde, plus de 90% des cancers du sein dépistés précocement finissent par guérir grâce à la panoplie de traitements disponibles. Toutefois, le nombre de centre de dépistage s'avère être un frein à la stratégie nationale pilotée par la CNAS. En effet, sur les 6 centres régionaux, celui couvrant toute l'Oranie se trouve à Maghnia, ce qui oblige les patientes à faire de longs et couteux déplacements. Pour les femmes du Dahra ou de l'Ouarsenis, du Djebel Aïssa ou de Tindouf, un déplacement sur des centaines de kilomètres devient un véritable chemin de croix. Surtout que les frais ne sont remboursés qu'après le long déplacement, obligeant les familles à se saigner. On se demande pourquoi, une fois les dépistages effectués, les centres régionaux de la CNAS n'organisent pas les transferts vers Maghnia ; ce qui permettrait aux patientes une prise en charge psychologique durant tout le trajet.
Ces regroupements seraient mis à profit pour rompre le cycle infernal de la solitude face à ce mal sournois, car à l'évidence, l'isolement constitue le premier obstacle face à cette maladie sournoise.
On l'oublie souvent, un travail psychologique auprès de la famille et surtout du mari, n'est pas à négliger car il réduirait fortement les tensions et surtout les appréhensions à l'intérieur du couple. Apparemment, la CNAS n'est pas encore armée pour ce travail de proximité, d'autant que les associations qui servent généralement d'excellents relais, ne se bousculent pas. La seule active à l'échelle de la wilaya, malgré toutes les bonnes volontés qui l'animent, peine à se trouver un siège.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Alim
Source : www.elwatan.com