La grande opération de distribution de logements sociaux, qui aura largement profité aux familles démunies des vieux quartiers de Mostaganem, a eu des prolongements moins heureux.En effet, la quasi-totalité des anciennes habitations, une fois leurs occupants relogés, ont eu à subir les coups de boutoir des pelleteuses et autres bulldozers. Sans doute fortement échaudées par les anciennes pratiques qui faisaient que chaque relogement d'une famille était accompagné par l'installation de nouveaux locataires, ce qui a eu pour conséquence de renvoyer aux calendes grecques la résorption de l'habitat précaire. C'est pourquoi les responsables, face à la grande inertie des associations de la société civile, ont fait le choix de réduire à jamais ces lieux pourtant chargés d'histoire.
L'opération s'est traduite par l'éradication totale et irréversible de certains pans de la vieille ville. Mettant à contribution les réseaux sociaux, de nombreux citoyens ont dénoncé cette opération de démolition du vieux bâti, arguant du fait que des quartiers comme Derb et Tobbana sont considérés, à tort ou à raison, comme faisant partie de l'histoire de la ville. S'il est vrai que les immenses trous béants donnent une image de profonde désolation, il n'en demeure pas moins que personne n'a proposé la moindre alternative. Pour les responsables, il devenait impératif, face à la déferlante des demandes de relogement, dont certaines datent de l'année 1998, de mettre fin à cette situation qui fait que malgré la distribution de milliers de logements sociaux, la liste des demandeurs était régulièrement alimentée par des familles venues de nulle part.
Il reste que les terrains ainsi libérés pourraient servir à ériger de nouveaux espaces urbains qui seront autant de lieux de convivialité et de citoyenneté. Et c'est là que sont attendus les inconditionnels amoureux de Mostaganem et de son histoire. Rendus au domaine public, ces espaces devraient être traités de manière intelligente et rigoureuse afin de donner à la ville une dimension culturelle digne de ses illustres enfants. A l'instar de Kaki, Abdallah Benanteur, Mohammed Khadda et Habib Tengour, dont les lieux d'enfance devraient être jalousement protégés, restaurés, réhabilités. Malheureusement, dans ce registre, les pleureuses ne sont pas légion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Alim
Source : www.elwatan.com