
"Imaginez-vous que nous recevons chaque soir, après le f'tour, pas moins de 500 patients, et notre service tourne avec deux médecins généralistes et cinq infirmiers !''Les urgences médicochirurgicales de Tigditt ont longtemps fait couler beaucoup d'encre dans la presse locale et régionale tant cette structure a accumulé les scandales et les contre-performances en matière d'accueil et de prise en charge des malades venus des quatre coins de la wilaya de Mostaganem.Et ce n'est pas près de s'arrêter, vu la situation déplorable du secteur de la santé en général, gangrené par une mauvaise gestion et un laxisme déconcertant. Samedi dernier, nous avons effectué une virée nocturne au sein de cette structure qui défraie régulièrement la chronique, pour tenter de comprendre et rendre compte des failles du système de prise en charge des patients.Aux environs d'une heure du matin, lorsque nous avons franchi le seuil des urgences, des cris et des pleurs des enfants se mêlaient aux vociférations des infirmiers dans un brouhaha insupportable pour les malades. À l'étage supérieur, de menus travaux de réfection du sol sont entrepris, et les bureaux de la direction fermés. Au rez-de-chaussée, les patients souffrant de différents maux affluent régulièrement, ajoutant à chaque fois un peu plus de pression sur le personnel médical en sous-effectif qui peine à faire face. Dans le bloc d'admission des patients dont le cas est jugé non urgent, un bureau qui sert de "tour de contrôle" des arrivées et transferts est occupé par un surveillant médical.Ce dernier, Abdelkader Maâmar, nous a expliqué à c?ur ouvert les raisons d'une telle surcharge de travail, surtout pendant ce mois de Ramadhan. "Nos concitoyens manquent de culture de l'urgence et ne sont pas encore suffisamment conscients pour faire la différence entre un cas prioritaire et un simple mal de tête !", avant d'enchaîner : "Imaginez-vous que nous recevons chaque soir, après le f'tour, pas moins de 500 patients, et notre service tourne avec deux médecins généralistes et cinq infirmiers !" Concernant les moyens matériels mis à la disposition des urgentistes, le surveillant médical nous a déclaré que, pour ce mois de Ramadhan, le "paquet a été mis par le DSP, et tous les médicaments, fils de suture, attelles et autres sont disponibles dans notre stock". Cependant, le principal problème auquel sont confrontés les médecins au quotidien est bien le manque de sécurité, surtout pendant la nuit. "Il n'y a pas assez d'agents de police pour assurer la sécurité de nos médecins et personnels de santé, et cela perturbe parfois le fonctionnement du service", nous confiera notre interlocuteur.M. Salah
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Salah
Source : www.liberte-algerie.com