
Les exploitants agricoles frontaliers souffrent du manque de main-d'oeuvre nécessaire pour leurs récoltes. Cette pénurie devient plus accentuée durant le mois de ramadhan, et seul le recours aux immigrés clandestins subsahariens, semble combler partiellement ce déficit.«Les clandestins subsahariens sont notre ultime recours pour les travaux des champs et les récoltes. Les différents dispositifs pour l'emploi des jeunes, s'ils ont des retombées socio-économiques positives, sont devenus pour nous producteurs agricole une contrainte, car ils ont grandement favorisé la désertion du monde agricole par les jeunes locaux», dira un producteur de pomme de terre qui incrimine les pouvoirs publics. «J'estime que l'aide pour l'emploi des jeunes a été mal réfléchie par les pouvoirs publics car en défaveur du rendement et de la productivité. Elle a encouuragé la main d'oeuvre agricole à tourner le dos au travail de la terre et à se reconvertir dans d'autres métiers moins contraignants». Ainsi, en plus de la répulsion du travail de la terre par les jeunes et la désertion des campagnes que la décennie noire a engendrée, les dispositifs d'aide aux jeunes sont venus achever le monde agricole en le vidant. La main-d'oeuvre devient ainsi parcimonieuse et les exploitants agricoles qui n'ont pas décroché, vivent une situation des plus préoccupantes. «Même la main-d'oeuvre que nous sommes forcés d'aller chercher, voire quémander au quotidien, des régions voisines se fait également rare. Actuellement, malgré l'interdit, la majorité de notre main-d'oeuvre recrutée est composée de Subsahariens en situation irrégulière avec un appoint de saisonniers venus de l'intérieur du pays, notamment des régions de Mostaganem et Tiaret», dira cet exploitant agricole qui, lui, se montre moins alarmiste. «La situation se complique de plus en plus, et risque d'être quasi irréversible si aucune initiative n'est prise pour inciter et encourager les jeunes à revenir au travail de la terre. Malgré cette regression massive de la disponibilité de la main-d'oeuvre, la situation n'est pas pour autant désespérée, pour peu qu'une stratégie volontariste soit adoptée». Notre interlocuteur souligne qu'il est extrêmement urgent qu'une importance particuliére soit accordée par les pouvoirs publics, au secteur agricole, l'un des moteurs du démarrage économique. L'amélioration du taux de l'autosuffisance alimentaire passe inévitablement par les leçons tirées des précédentes expériences qui ont mené l'argriculture à l'état catastrophique actuel. C'est en tenant compte des déboires, en corrigeant les défaillances, en ciblant les objectifs et en évitant les politiques vaines tels que le remembrement des terres suivie de l'opération inverse à l'origine de situations conflictuelles, qui ont engendré des effets néfastes pour l'agriculture et en créant une dynamique pour inciter la jeunesse à revenir au travail de la terre, que le déficit agricole sera comblé. Parfois l'impact des aides publiques pour la relance de l'agriculture s'est avéré nul, par manque de suivi et de contrôle. Certains producteurs agricoles devant l'impunité, sont allés jusqu'à revendre le matériel agricole acquis dans ce cadre, de l'autre côté de la frontière, et bien pire, jusqu'à vendre le produit de leurs efforts et de ceux de l'état aux voisins marocains.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Hichem
Source : www.lnr-dz.com