Mostaganem - Revue de Presse

Les contraintes des céréaliculteurs



Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, a annoncé hier la création, il y a deux jours, de l'Union des coopératives de semences, dont les membres seront installés officiellement demain mercredi. Rachid Benaïssa a fait cette déclaration lors d'une séance organisée à l'APN et consacrée à «la campagne des labours-semailles», en présence des cadres du département de l'agriculture et des membres de la Commission parlementaire de l'agriculture, pêche et environnement.

 La mission principale de cette union des coopératives, a affirmé le ministre, est de gérer le dossier des semences dans l'ensemble de ses volets (organisation, stockage, distribution, commercialisation, contrôle), et d'assurer en outre la qualité des semences ainsi que leur adoption selon les régions. Cette union a pour but d'arriver à distribuer et à commercialiser les semences (céréales, légumes secs et forages) en leur temps et utiliser des semences traitées et de qualité pour assurer un meilleur rendement.

 Au cours de cette séance, le ministre de l'Agriculture a été sollicité par les parlementaires pour apporter des clarifications sur certains points noirs, tel que le manque de matériel agricole (moissonneuses batteuses, pont à bascule, semoirs). Benaïssa a reconnu que les céréaliculteurs ont rencontré de sérieux problèmes durant la campagne précédente, et ce en raison de la vétusté des moissonneuses batteuses. «Mais, a-t-il fait savoir, malgré cette contrainte, 900.000 personnes ont été mobilisées pour réussir la campagne moissons-battage. Ils ont travaillé d'arrache-pied, certains ont travaillé jusqu'à l'aube, faisant preuve de sérieux et de grande volonté pour atteindre leur objectif», a-t-il précisé. Il poursuit: «On est conscient du problème, et je vous informe que dans quelques mois, 500 moissonneuses batteuses seront distribuées aux demandeurs et 1.500 semoirs et d'autres matériels techniques seront acquis dans un futur très proche». Et de poursuivre : «Les commandes ont été faites et 9 milliards de dinars ont été débloqués pour l'acquisition du matériel en question». Pour ce qui de l'importation de matériel agricole, le ministre dira que l'agriculteur est libre, s'il veut importer du matériel sur ses propres fonds, il est libre «mais l'importation du matériel agricole ne sera ni soutenue ni subventionnée». Benaïssa souligne «qu'il faut donner la priorité à la production nationale».

 Un membre de la commission parlementaire a, par ailleurs, relevé le problème des contraintes bancaires, notamment pour ce qui concerne l'octroi du crédit Rfig. «Sur 61 dossiers déposés au niveau de la BADR de Sidi Lakhdar, à Mostaganem, 1 seul dossier a été validé», a déclaré l'élu. Pour l'intervenant, «la BADR est le point noir dans cette histoire».

 Pour le ministre, «Elle n'est pas la seule responsable de cette situation». Le ministre a tenté de rectifier : «Sur 61 dossiers déposés, 43 ont été validés dans la wilaya de Mostaganem», a-t-il indiqué, en rappelant que l'octroi du crédit Rfig obéit à des critères bien déterminés. «Ce n'est pas un don».

 Dans le même sillage, le ministre a déclaré que sur 7 milliards de dinars octroyés dans le cadre du crédit Rfig, 95% ont été remboursés. Pour ce qui est du crédit fournisseur, le ministre a dit que 75% seulement ont été remboursés, «ce qui est peu», appelant les opérateurs concernés à honorer leurs dettes pour établir une véritable confiance entre la BADR et les différents acteurs de l'agriculture.


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