Ce qui s'est passé avec le wali de Mostaganem est tout sauf une « erreur de communication ». Personne ne l'a appelé ainsi parce que? personne n'a eu le toupet d'aller au secours d'un haut fonctionnaire de l'Etat. En d'autres temps, on en aurait entendu, avec une rude concurrence, qui plus est.A commencer par son entourage immédiat qui aurait déployé des trésors d'efforts pour encore faire passer aux Algériens la pilule du propos détourné, de la phrase « sortie de son contexte » ou carrément de? l'instrumentalisation politicienne à rebrousse-poil. Mais ça, c'est quand l'esclandre est suffisamment « spectaculaire », en tout cas trop flagrant pour être tu. En ces temps-là, on n'avait pas besoin de « communiquer ». Surtout, on n'avait pas à se justifier. Et puis, les contacts directs entre les responsables du niveau d'un wali ou même inférieur étaient rares et les « incidents » du genre étaient de fait combattus à la base, souvent avec une redoutable efficacité. Qu'on ne s'y méprenne pas, pour autant. Au moins dans les situations du genre, ce n'est pas parce qu'on évoque une « autre vie », qu'il y a une nouvelle. Sinon, l'« incident » de Mosta n'aurait pas eu lieu. L'humiliation subie en « live » par deux citoyens de l'ouest du pays qui en ont eu pour leur illusion de pouvoir parler au premier responsable de leur wilaya et lui exposer leurs problèmes découle en premier lieu du fait que, fondamentalement, les choses n'ont pas évolué depuis? l'autre vie. L'insurrection populaire a certes permis qu'un Algérien lambda puisse s'adresser à un wali mais elle a aussi? contraint ce dernier à chercher le contact ! Et cette proximité devait, non pas servir le citoyen mais colmater une brèche dans la confiance, toujours au même niveau d'érosion. C'est sans doute ce qui a irrité Monsieur le Wali qui s'est retrouvé dans la peu confortable posture de l'arroseur arrosé. Et qu'il s'en excuse a posteriori n'y change rien. Cela participe même du même état d'esprit, puisque c'est dans son bureau qu'il a? convoqué la femme et l'homme brimés, pas pour réparer le préjudice mais sauver sa peau ! C'est d'ailleurs le même type d'« excuses » qui ont dû inspirer la chanteuse Fella Ababsa qui s'est fendue d'un pathétique mea-culpa après avoir proféré d'ignominieuses insultes à l'endroit de millions d'Algériens coupables à ses yeux de ne pas rentrer à la maison « maintenant que tout est réglé ». Depuis l'ignoble « inaâl bou li mayhabnache » d'Amara Benyounès, le « vous n'êtes pas obligés de manger du yaourt » d'Ouyahia et le « tous les habitants de Tébessa sont des contrebandiers sauf ma famille » de Djemaï, on a du mal à intégrer que ce n'est plus possible d'oser ça. Sans doute parce qu'il n'y a pas de raisons.
S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com