Nul besoin de compliquer le phénomène de la baisse des recettes en cette période estivale, carême oblige, l'Algérien jeûnera en famille puisque c'est la tradition qui le veut, pour l'étranger comme tout est fermé, il fera lui aussi l'abstinence des vacances en notre tourmentée Algérie.
Ce verdict se confirme. Le tourisme est loin de répondre aux attentes fixées par le calendrier de sa relance infrastructurelle, et des recettes attendues, pourtant, ce ne sont pas les opportunités qui font défaut. Les plans prospectifs inclus dans la dynamique de développement sont théoriquement bons, malgré que certaines décisions d'ordre politique restent à clarifier par les hautes autorités du pays concernant les libertés individuelles, et la sécurité, deux paramètres excessivement importants à garantir à la clientèle, au cas où l'Algérie compterait être compétitive dans un secteur qui développe une concurrence farouche au niveau du bassin méditerranéen. Les offres ne sont pas à la hauteur des enjeux économiques, à commencer par l'absence de l'utilisation de techniques modernes d'accompagnement marketing, l'ingénierie touristique, les guides cartographiés comportant la liste des hôtels opérationnels avec leur lot d'étoiles, ainsi que les commodités qu'ils seraient susceptibles d'offrir. L'absence des prix, des offres promotionnelles, l'interconnexion permanente avec les tours opérators, l'organisation de visite guidée à caractère culturel, la possibilité de paiements avec des cartes interbancaires, la programmation de charters et d'activités de loisirs sur les sites touristiques font qu'il reste malheureusement beaucoup à faire pour entrer véritablement dans la transition de l'après pétrole. Les lois du marché sont impitoyables. Il serait impossible d'envisager une rentabilité à la mesure des ambitions et des lourds investissements consentis au tourisme, sans une campagne informative et communicative menée par des professionnels. La «destination Algérie» à l'étranger ne bénéficie d'aucune forme de publicité, ni dans les médias lourds, ni au niveau des radios locales, ni sous forme parfois d'affichage, pourtant, le pays est le plus grand en superficie à l'échelle du continent africain, et est le premier de part la diversité des configurations géographiques, sinon des variétés touristiques. A en croire les chiffres, les revenus du tourisme ne dépassent pas les 10% du PIB; dans ce chiffre seraient inclus les immigrés qui viennent passer leurs vacances...mais en famille. Les 10% du PIB incluraient les recettes faites par l'hôtellerie de luxe qui est devenue le passage obligé des délégations officielles, et le lieu privilégié pour l'organisation de séminaires et autres dîners pour les hommes d'affaires de passage ou qui ont élu domicile. Ces 10% pourraient être largement augmentés au regard de l'investissement productif se chiffrant à 9,5%, c'est fabuleux pour une renaissance, mais très nettement insuffisant par rapport à la demande du marché que se partagent les pays riverains du nord principalement ainsi que le Maroc, la Tunisie et l'Egypte pour l'hémisphère sud, de décompter donc que les impacts négatifs classant notre pays au 147 e rang des pays à vocation touristique ne se limitent pas à la seule menace terroriste. De Tipasa en passant par Ténès jusqu'à Mostaganem, et même au-delà jusqu'à la zone industrielle d'Arzew, il n'y a aucune infrastructure hôtelière digne de ce nom à notre connaissance. La côte est pratiquement encore vierge. Peu ou pas de construction. Les visiteurs locaux qui se déplacent durant la saison estivale louent des maisons particulières dans les villages peu éloignés des côtes. Une région immense comme la Saoura souffre du manque d'investissement en dépit des alléchantes conditions arrêtées par le gouvernement pour assurer la disponibilité des assiettes foncières, l'accompagnement du financement des projets, ainsi que celles concernant les clauses fiscales réduites à leur plus simple expression. Les maux sont politiques. On ne crée pas la ruée sur la destination Algérie par un rabattement de la TVA à 6%. Les étrangers très proches de leurs sous savent très bien qu'ils gagnent énormément au marché des changes. Ce dont ils ont besoin, c'est de conditions idéales pour passer des vacances, d'un service impeccable, d'une cuisine faite par de vrais chefs, de loisirs, de tranquillité et de la reconnaissance de leurs différences culturelles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com