
- Les prix sont en hausse constante. A quoi est due cette situation 'La hausse est provoquée, ces jours-ci, par les fortes intempéries qui empêchent la récolte des produits et donc leur mise sur le marché. Si les légumes de saison sont abordables, à l'instar de la carotte et du navet, qui sont cédés à 20/30 DA, il n'en est pas de même des produits hors saison. Il y a, par ailleurs, les produits sous serre comme la tomate, la courgette, etc. Autrefois ramenés du Maroc, ils sont produits depuis quelques années dans le Sud, mais en quantité insuffisante, d'où leurs prix élevés.- Les détaillants pointent du doigt les mandataires?Ce n'est pas exact. Chez ces détaillants, les prix sont exagérément augmentés. Il y a, au niveau du marché de gros, un contrôle quotidien de la DCP pour suivre les fluctuations. Le problème se situe dans la marge bénéficiaire que s'octroient les commerçants au bout de la chaîne. Les pouvoirs publics sont appelés à revoir de fond en comble la notion des prix. Au marché de gros, les prix doivent obéir à la seule règle de l'offre et de la demande. Par contre, la marge bénéficiaire doit être plafonnée : elle ne doit pas dépasser 30% chez les détaillants et 10% pour le gros.- Que constatez-vous actuellement 'Les détaillants augmentent, selon leur bon vouloir, leur marge. La carotte, par exemple, qui est écoulée par les grossistes entre 20 et 25 DA, est vendue au détail 80 DA et quelquefois plus. C'est inadmissible !- L'Etat a mis en place le Système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac) qui devait éviter les pénuries et stabiliser les prix. L'Etat s'engageait, à la faveur de ce mécanisme sous tutelle du ministère de l'Agriculture, à acheter les excédents de production aux producteurs qui risquaient de vendre à perte. Mais on constate qu'un produit comme la pomme de terre est vendu actuellement 100 DA. Le Syrpalac sert-il toujours à quelque chose 'Le problème a commencé en 2007, lorsque le mildiou a ravagé plusieurs hectares de récolte. Les dispositifs Syrpalac et de l'Office national interprofessionnel des légumes et viandes (Onilev) mis en place pour, en principe, stabiliser les prix, ont saboté le marché. La production agricole est directement acheminée de l'agriculteur vers des hangars et de là elle rejoint le circuit normal. La pomme de terre est stockée alors qu'elle doit, comme l'exige une circulaire du chef du gouvernement datée de 1996, passer d'abord par le marché de gros.La production part dans des hangars à Aïn Defla, Tiaret, Mostaganem et est mise sur le marché au compte-gouttes. J'ai eu écho que la pomme de terre est vendue 57 DA à la sortie de ces hangars. Si rien n'est fait, elle sera vendue à 200 DA. Par sa gestion de ces dispositifs, l'Etat a créé le monopole dans la libre concurrence. Les propriétaires de hangars bénéficient de la complicité des gens chargés de faire marcher correctement le dispositif.- Quelle serait donc, pour vous, la solution ' Doit-on abandonner carrément ces dispositifs 'Les dispositifs mis en place ont échoué et nous exigeons leur abandon. Les prix augmentent constamment depuis leur mise en place. L'Etat, qui se gargarise d'aller vers la libre concurrence, doit bannir tout monopole. La production de la pomme de terre ne doit plus être aux mains des spéculateurs. Il y a aussi le problème de la disponibilité de la semence : les agriculteurs la reçoivent en retard, d'où une récolte en quantité insuffisante et donc à des prix inabordables.- Un plan de cultures est réclamé par votre association?L'Etat, qui subventionne les agriculteurs, doit instaurer un plan de cultures. La consommation des ménages, les besoins, etc. doivent être évalués à l'avance. Des quantités d'oignons ont été jetées par les agriculteurs, mais actuellement, ce produit est vendu à des prix élevés, ce qui a poussé honteusement l'Etat à en importer?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadir Iddir
Source : www.elwatan.com