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Le Covid-19 met les entreprises en détresse



L'arrêt de certaines activités à travers le monde va entraîner indubitablement le blocage des productions en Algérie et va mettre en péril de nombreuses filières par défaut d'approvisionnement.La propagation de la pandémie du Covid-19 a mis en berne toute l'économie mondiale. L'Algérie n'échappe pas à cette sentence. à cause de cette pandémie qui a bouleversé le monde entier, toutes les productions du pays tournent au ralenti tandis que les établissements spécialisés dans le secteur des services notamment le tourisme ont vu leur activité stagner.
Cette crise épidémique qui a vu le jour en Chine, s'est propagée rapidement dans le monde et a fait beaucoup de victimes humaines, engendrant aussi des désastres sur le plan économique. Ainsi, l'"atelier du monde", périphrase usitée pour désigner la Chine, s'étant arrêté, c'est toute l'économie planétaire qui est bloquée actuellement. L'arrêt de certaines activités au monde va entraîner indubitablement le blocage des productions en Algérie et mettra en péril de nombreuses filières par défaut d'approvisionnement. Et par voie de conséquence, d'innombrables secteurs en seront lourdement impactés. Les opérateurs qui, jusque-là, s'approvisionnaient de Chine, ne le font plus présentement alors qu'entre 23 et 25% de nos importations sont en provenance de ce pays. L'on peut citer notamment les matières premières telles que celles entrant dans les productions sidérurgiques dont 36% sont importées de Chine, tels l'aluminium, l'acier, le fer... Avec l'état moribond de l'économie chinoise ? certainement pour une période pas très longue ? ce sont de nombreux produits pour lesquels l'Algérie va connaître des pénuries récurrentes. A titre d'exemple, les articles scolaires chinois qui constituent un complément non négligeable pour la production locale, perturberont à coup sûr la prochaine rentrée scolaire s'ils viennent à manquer. La filière de l'électroménager risque quant à elle de disparaître à tout moment si la situation qui prévaut actuellement en Chine perdure. Car cette filière est alimentée à partir de ce pays vers lequel les grandes marques délocalisent leurs usines. En plus, la matière première utilisée par les producteurs locaux versés dans le montage en CKD/SKD est également chinoise.
L'"atelier du monde" à l'arrêt, l'Algérie en pâtit
Et en cas de panne de leurs machines, ils ne pourront régler le problème sur place puisque la pièce de rechange nécessaire est introuvable sur le marché présentement. Le parc roulant en Algérie subira les mêmes conséquences d'autant plus qu'environ 80% des bus, camions et camionnettes sont d'origine chinoise. Ce qui va poser aussi un problème de maintenance et d'entretien dû à un manque de pièces de rechange. Même topo pour la téléphonie mobile dont 66% des produits proviennent de Chine. Et de manière indirecte, même constat pour le médicament dont les matières premières sont issues de ce pays. Plus de 40% de nos produits pharmaceutiques importés arrivent de France.
Or, des laboratoires français se dotent des intrants à partir de la Chine. Et si ces derniers baissent leur production à cause de la fermeture des usines de leurs fournisseurs chinois, c'est le marché algérien qui va en subir les retombées. Et vu que la pandémie s'inscrit dans la durée pour au moins deux mois correspondant à la phase de croissance du virus, les premiers achats ne se feront pas ainsi avant cette échéance. Et compte tenu de la distance entre les deux pays, les marchandises ne pourront être introduites en Algérie qu'après trois mois. Ce qui porte les délais d'approvisionnement à 5, voire 6, mois qui, pour un producteur, coïncidera avec la fin de l'année. La réduction des activités portuaires n'a pas été également sans incidences sur le business des opérateurs économiques. "Nous faisons face à un sérieux problème d'acheminement de documents étant donné que DHL n'assure plus la transmission de la paperasse de dédouanement. Ce qui va engorger davantage les ports", relève un importateur.
La logistique pénalisée
Il faudrait, suggère-t-il, que les autorités compétentes permettent aux importateurs dans pareil cas, de transmettre exceptionnellement les documents par mail en attendant la régularisation de la situation. Sinon, l'administration des douanes sera débordée encore plus. Il faudrait en outre prendre en considération le fait que des opérateurs ont des factures domiciliées, d'autres ont des marchandises dans les containers. Pour certains exportateurs, il est inadmissible que les dattes soient considérées comme un produit stratégique interdit à l'exportation.
Car, arguent-ils, l'on en produit 1,2 million de tonnes et que l'on n'en exporte que près de 60 000, soit 5% seulement. "Pourquoi l'on condamne cette filière à l'international, sachant qu'il y a des engagements avec des clients à l'étranger et que c'est la période propice pour les ventes. On risque de briser la filière avec de telles mesures", avoue un exportateur. En plus, ce n'est pas Deglet Nour qui est essentiellement exportée mais plutôt ce qui est appelé la datte commune (le ravier). Idem pour la pomme de terre, exportée à raison de 5 000 tonnes seulement alors que l'on en produit 50 millions de quintaux (5 millions de tonnes), soit 0,01%. Par conséquent, explique cet opérateur, l'exportation de ces deux produits, faut-il le préciser, n'affectera pas l'offre et ne constitue aucunement une menace pour la demande nationale. Autrement dit, remarque-t-il, c'est la spéculation qui a fait grimper les prix des produits sur le marché local tel le tubercule et non pas leur exportation. Il y a lieu de tenir compte aussi des déclarations du ministre du Commerce qui rassure que l'Algérie dispose d'un stock de plus d'une année de produits de première nécessité.
Hôtellerie : baisse drastique de la demande
à l'instar des autres secteurs, l'hôtellerie a subi les répercussions négatives de cette pathologie qui a permis à la grande faucheuse de sévir à travers les quatre coins de la planète. Du coup, les structures hotellières ont connu, depuis l'apparition de ce virus, une baisse drastique de la demande évaluée, par certains gérants, à plus de 70%. D'autres avouent que l'affluence est nulle d'autant plus qu'ils n'ont enregistré aucune réservation ces derniers jours.
Selon une responsable de la Fédération nationale des hôteliers algériens (FNHA), "tous les hôtels sont vides en ce moment". Elle affirme que "depuis plus d'une semaine, nous n'avons reçu aucun client". Ce manque d'attrait exprimé par la clientèle a contraint les propriétaires de fermer leurs établissements et de les mettre, pour certains, à la disposition des autorités en guise de contribution dans la lutte contre le coronavirus. C'est le cas la chaîne AZ Hôtels qui, dans le cadre de la prévention contre cette virose, informe "l'ensemble de ses partenaires de la fermeture de ses établissements et ce à compter du 17 mars, jusqu'à nouvel ordre. Nous vous signalons par ailleurs que la chaîne AZ Hôtels met à la disposition des autorités sanitaires deux de ses hôtels à Mostaganem et Alger, en cas de dépassement. Il s'agit de l'intérêt commun et de la santé de tous", indique la chaîne dans un communiqué rendu public.
Il est impératif de rappeler également l'apport des hôtels relevant du secteur public dans la lutte contre cette la propagation de ce virus. Il s'agit surtout de l'hôtel Raïs situé à El-Marsa (Bordj El Bahri) qui accueilli au début de cette épidémie les Algériens rapatriés de Chine.

B. K.
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