Par Kader Bakou
Nous avons un patrimoine matériel (et vivant) que nous méconnaissons. Ce patrimoine national, c'est le cheval barbe, une très ancienne race d'Afrique du Nord et de l'Algérie particulièrement.
On dit que cet animal descendrait d'un groupe de chevaux sauvages survivants de l'ère glaciaire. Il est l'une des plus anciennes races au monde. Des recherches en Algérie ont établi que des ossements d'espèces chevalines trouvés dans des gisements datent de 4000 ans et plus. Des peintures rupestres représentant des chevaux ont été également trouvées dans notre pays. Ces chevaux sont mentionnés par des auteurs romains il y a plus de deux millénaires sous le nom de cheval de Barbarie. Le cheval barbe est «l'ancêtre» de plusieurs races dans le monde comme le pur-sang espagnol, le pur-sang lusitanien, le criollo argentin et le mustang, descendant de chevaux barbes et ibériques retournés à l'état sauvage. Un étalon barbe, Godolphin arabian ou Godolphin barb, fait partie des trois étalons fondateurs de la race du pur-sang anglais. Plusieurs barbes célèbres ont figuré dans l'histoire, notamment celui du jeune Louis XIII et Roan Barbary, la monture de Richard II. L'émir Abdelkader aimait le cheval barbe. Le livre Les chevaux du Sahara d'Eugène Daumas paru en 1851 fut enrichi de Commentaires par l'émir Abdelkader(1855, 1862 et 1864), sollicité par Daumas pour donner son avis sur le cheval barbe. Ce coriace cheval a aussi contribué à écourter la Première Guerre mondiale. La cavalerie d'Afrique «offrit à la France la dernière victoire de la guerre» à Uskub, le 29 septembre 1918. «Ce fut la plus belle (car avec capitulation de l'ennemi). Cette cavalerie légère avait le meilleur cheval de selle de guerre de troupe. Elle avait de bons généraux : le commandant en chef (né à Mostaganem, Algérie), Franchet d'Espérey, vainqueur à la Marne (1914) avec la Ve Armée, et le général de brigade, Jouinot-Gambetta (…). Mais l'incroyable fut les 26, 27 et 28 septembre 1918, le raid, par des sentiers de chèvres, de ces 2 000 chevaux à travers les montagnes de Macédoine, culminant à 2 000 m. Par ce chef-d'œuvre de manœuvres d'infiltration sur les arrières, cette cavalerie légère investit et prit Uskub, le 29, sans coup férir. La retraite de la XIe Armée allemande était coupée, elle capitulera. Ce même jour (29), la Bulgarie demande l'armistice. Cette cavalerie française d'Afrique avait des chevaux fiables et performants», lit-on sur le site de l'association belge du cheval barbe qui reprend des passages du livre Histoire du cheval de troupe de la cavalerie française : 1515-1918 de Denis Bogros. Le cheval barbe est aussi un héros de guerre.
K. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com