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La République... ses lois!



La République... ses lois!
Lors de sa visite en Ethiopie au début du mois, le président états-unien, Barack Obama, avait opportunément rappelé [dans un discours devant les dirigeants de l'Union africaine] que la loi était au-dessus de tous y compris des chefs d'Etat. Comme quoi, dans un Etat de droit, les lois de la République s'imposent à tous sans exception, et évidemment, singulièrement, à ceux en charge de les faire appliquer et respecter. Il aurait été certes plus propice de citer un dirigeant national plutôt que de recourir à un exemple venant de l'étranger alors qu'un tel postulat tombait sous le sens et aurait dû être protégé, outre par l'administration, mais aussi par ceux qui défendent la citoyenneté laquelle n'a de sens que dans le respect des lois de la République. Or, peu d'hommes politiques, société civile ou défendeurs des droits d'une façon générale se sont élevés contre les outrages faits aux lois par les uns et les autres. Sans le respect des lois, il ne saurait y avoir d'Etat de droit. Ainsi, récemment, les lois de la République ont été piétinées par des survivants de l'ex-AIS [branche armée du FIS dissous]. Des repentis auxquels la loi interdit formellement toute activité politique. Or, ceux-ci viennent d'organiser une «université d'été» à Mostaganem, malgré l'interdiction formelle des autorités de la wilaya. Il faut relever que quoique interdite par les autorités compétentes de la wilaya, cette réunion a néanmoins eu lieu. D'où la question: pourquoi ces autorités n'ont-elles pas été au bout de leurs prérogatives légales comme les y incitent les textes en vigueur, quitte à faire appel aux agents de sécurité pour que force reste à la loi' D'autres paramètres seraient-ils entrés en jeu dissuadant les autorités locales de faire se conformer les islamistes aux décisions de la wilaya' Or, quand l'Etat ne fait pas respecter ses lois ou est mis en situation de ne pouvoir le faire, cela pose moult questions. Aussi «laisser faire» est interprété comme une faiblesse de l'Etat et un recul dans lequel s'engouffrent des opportunistes de tout acabit. Ce qui est dommageable, outre à l'Etat de droit, pour la sécurité du pays. Depuis des années, les autorités du pays clament que le terrorisme islamique est «résiduel». Un «résiduel» qui dure quand même depuis des années et fait encore couler le sang des Algériens, comme dernièrement à Aïn Defla et à Batna. Mais peut-on venir à bout de ces déchets du terrorisme, si simultanément on louvoie avec ses commanditaires politiques' N'aurait-on pas dû y mettre le holà et tracer les lignes rouges' Mais comment cela pouvait-il se faire quand, sinon le gouvernement, certains des responsables de partis politiques [qui en sont membres] font des déclarations qui vont à l'encontre des lois de la République' Ainsi, certains ont milité, militent, soit pour le retour de l'ex-FIS et «son droit de créer un parti», soit estiment que «les redditions des terroristes [sont] d'actualité», demandant une prorogation indéfinie de la loi sur la concorde nationale qui accorde le repentir (un repentir limité dans le temps). Des ministres (Intérieur et Justice) concernés par le dossier ont beau expliquer et affirmer que l'ex-FIS c'est fini, d'aucuns n'en continuaient pas moins à défendre son retour. Ainsi, ce sont des responsables au sein de l'Etat qui font peu cas des lois de la République, ou en font des lectures biaisées, dès lors que cela va dans le sens de leurs ambitions et visées politiques. On ne les a pas vu militer avec cette même conviction pour l'Etat de droit et la bonne gouvernance. Il y a donc maldonne que des gens ne jouent pas le jeu ou entravent carrément les efforts de l'Etat pour débarrasser le pays du fléau du terrorisme. C'est dans ce contexte que l'ex-émir de l'AIS, Madani Mezrag (qui raconte encore ses tristes exploits sur certaines chaînes de télévisions privées) a montré une curieuse assurance à Mostaganem, dont on ne sait d'où il la tient, défiant la loi. Aussi, sans entrer dans des considérations singulières, notons ce fait: un groupe interdit d'activité politique passe outre l'interdiction qui lui a été annoncée; a-t-il (au final) été autorisé à organiser son «université»' Dans l'affirmative, qui lui a donné le feu vert' Dans la négative, qui est habilité à faire respecter la loi' A moins de nous tromper, ni le ministère de l'Intérieur (dont relèvent les wilayas), ni celui de la Justice, qui fait respecter les lois, n'ont réagi. Comment interpréter la chose' Y a-t-il deux poids, deux mesures dans l'application des lois en Algérie: très dures envers les démocrates et flexibles pour les islamistes' Peut-il y avoir un «Etat de droit» si les lois de la République sont à géométrie variable et applicables selon les rapports de force, ou encore bafouées par ceux-là censés les protéger, les appliquer et les faire respecter' Telle est la question!


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