
L'université algérienne a toujoursbrillé par son absence dans le classement des universités mondiales.Le constat n'est pas celui d'hier mais la résultante d'années de tâtonnements, de mauvaise gestion et d'errements académiques. L'université algérienne n'est ni Harvard ni Yale, c'est connu, et le fait qu'elle figure dans les sous-sols du classement annuel du site Webometrics est une preuve supplémentaire, si besoin est, de son insignifiance sur la scène internationale.Ainsi, la première université algérienne, celle de Sidi-Bel-Abbès, arrive à la 2.341e place. Quatre positions plus loin, on retrouve l'Université des sciences et technologies Houari Boumediene d'Alger.Les Ecoles normales supérieures de Mostaganem, de Béchar et l'université de Chlef raclent, quant à elles, les fonds du classement du site américain.Même si le propre de ces classements est avant tout commercial, comme l'a souligné le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en évoquant le classement de Shanghai, qui avait classé en 2016 la première université algérienne au 1.725e rang sur un total de 27.000 universités, il ne fait aucun doute que le niveau de nos universités laisse à désirer, et c'est le moins qu'on puisse dire.Conscient de la mauvaise image que donnent nos temples du savoir, le gouvernement, à travers Tahar Hadjar, avait promis de prendre des «mesures pratiques en vue d'améliorer la visibilité des universités algériennes pour qu'elles soient mieux classées au niveau international». Tout un programme qui devait sensibiliser les enseignants et chercheurs quant aux procédures de publication des articles dans des revues scientifiques internationales et au respect de la dénomination des établissements universitaires, selon une nomenclature bien connue. Le ministre reprochait alors à un grand nombre d'enseignants de contribuer dans des revues internationales «sans mentionner les établissements auxquels ils appartiennent. Cela nous fait perdre beaucoup de potentialités d'être mieux classés». La faute à tout le monde sauf aux premiers concernés responsables de la politique de l'enseignement supérieur.Dans un entretien accordé à la presse en 2015, Rahmani Abdelmalek, le coordinateur du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), reconnaissait que les infrastructures telles conçues et pensées actuellement «ne sont en fait que des établissements d'enseignement supérieur, loin des normes internationales», d'où l'impossibilité de répondre aux critères de ces classements ni maintenant «ni dans 20 ou 50 ans». L'absence de stratégie de développement de l'université, la qualité de la pédagogie hors normes internationales, les problèmes de gestion et d'encadrement ainsi que la surcharge dont souffrent nombre d'établissements ont également leur part de responsabilité dans cette triste réalité. La dépolitisation et la démocratisation dans le domaine de l'organisation de la pédagogie ainsi que le choix dans la nomination des recteurs cooptés selon des critères plus proches «de la mutualité d'intérêt et parfois de copinage» que des raisons pédagogues peuvent être salutaires pour l'avenir de l'université algérienne. Là, il faut vraiment que la volonté politique suive mais c'est loin d'être le cas.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com