Le SNES pour concurrencer le CNES
L’UGTA veut reprendre pied dans les secteurs de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur avec la création annoncée du SNES. D’ores et déjà, un bras de fer s’annonce dur entre la centrale syndicale et les syndicats autonomes, notamment le CNES.
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L’UGTA veut reprendre sa place jusque-là ravie par les syndicats autonomes. Hier, le secrétaire général de l’UGTA, Madjid Sidi Saïd et le chargé de l’organique, Salah Djenouhat, ont présidé l’installation de la commission nationale préparatoire de la conférence nationale du syndicat national de l’enseignement supérieur, le SNES. La centrale syndicale ne cache pas son intention de lancer une offensive dans les milieux de l’enseignement tant du secondaire que du supérieur. En ces secteurs, l’UGTA a été, il est vrai, rudement malmenée par les syndicats autonomes, comme le CNES dans le supérieur et le CNAPEST dans le secondaire et le technique. A l’université par exemple, ces dernières années, le CNES était en quasi monopole de la représentativité syndicale. La centrale syndicale sait que mettre les pieds de nouveau dans les 61 universités et centres universitaires du pays n’est pas une mince affaire. Le CNES ayant acquis de larges pans de la communauté universitaire et ayant à son actif les récentes augmentations de salariales et les autres mesures à venir, le SNES doit en effet s’attendre à ne pas avoir la tâche aisée, d’autant plus que ces acquis ont nécessité un interminable et souvent dur bras de fer entre le syndicat autonome et la tutelle, qui a forcément soudé durablement les forces dudit syndicat. Ce duel a d’ailleurs laissé des traces sur le cursus universitaire des étudiants avec une année universitaire 2005/2006 fortement perturbée.
Le SNES dont l’installation, prévue pour ces prochains jours, sera annoncée à l’issue de cette conférence nationale en préparation, aura donc à faire ses preuves en travaillant au coude à coude avec le CNES et, si possible, comme le disent certains syndicalistes de la centrale, essayer de déloger les autonomes de l’université. Il est vrai que depuis peu, la division gagne les rangs du CNES et cette faiblesse sera certainement exploitée par le tout nouveau SNES. D’ores et déjà, les responsables nationaux se sont déplacés sur le terrain, tel Salah Djenouhat qui a présidé l’installation de la coordination régionale regroupant les établissements relevant des wilayas de Médéa, Tizi-Ouzou, Laghouat, Chlef, Bouira et Alger ainsi que l’université de la formation continue. La coordination de l’Est, dont la rencontre a eu lieu à Skikda, regroupe, quant à elle, Oum el Bouaghi, Sétif, Jijel et Annaba. Pour la coordination de l’Ouest qui regroupe Oran, Tlemcen, Mascara, Tiaret et Mostaganem, la rencontre a eu lieu la semaine écoulée à Mostaganem.
Le SNES entend donc revenir en force dans les secteurs qu’il a longtemps négligés et perdus au profit des autonomes. Mais, reprendre pied ne sera certainement pas facile. Désormais rompus à l’activité syndicale, les gens du CNES ne se laisseront certainement pas déposséder de leurs bases qu’ils ont mis un temps précieux à monter et consolider. La prochaine rentrée universitaire nous renseignera sur les efforts des uns et des autres.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com