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L'enseignement des arts minimisé



L'enseignement des arts minimisé
Les arts, et depuis toujours, ont été considérés comme la 5e roue de la charrette dans les programmes scolaires de l'Etat algérien. Jusqu'à aujourd'hui les écoliers se contentent d'une heure ou deux par semaine consacrées au dessin ou à la musique. Les enseignants de ces deux matières sont, pour leur part, mis à l'écart et souffrent des conditions de travail dérisoires et du manque d'intérêt des parents d'élèves pour ces matières considérées comme secondaires.Face à cette situation désastreuse, il n'est guère surprenant de voir que les arts ont du mal à se faire des adeptes chez les tout petits sauf si les parents sont des passionnés ou eux-mêmes initiés. Mais la carence en matière de formation artistique est vraiment flagrante dans le domaine du 4e art, dont les bases et règles élémentaires ne sont même enseignées à l'école, sachant que le théâtre est le meilleur moyen d'aider un enfant à s'épanouir et vaincre ses craintes. Dans certains pays, le théâtre est même prescrit comme une thérapie pour les gens qui ont du mal à vivre en société. En effet, chez nous la formation théâtrale n'est dispensée que par certaines associations indépendantes, qui prennent en charge les enfants pour en faire des graines de comédiens. C'est le cas de l'association El Moudja, qui existe déjà plus de vingt ans à Mostaganem, et qui forme les petits du quartier à la scène, mais aussi aux métiers du théâtre. Il y a aussi, à Sidi Bel Abbès la coopérative Eddik, qui initie, très jeunes, les enfants à l'art des marionnettes. Ces initiatives, aussi louables soient-elles, ont vraiment du mal à combler le vide et la démission des autorités locales en ce qui concerne la formation artistique. Certes il y a des maisons de jeunes qui forment, mais la plupart des inscrits finissent par abandonner par négligence des responsables et manque de suivie. À Alger, le Conservatoire continue de dispenser des cours de théâtre pour les jeunes, mais, hélas, rares sont les diplômés à avoir frôlé la scène dite professionnelle. Seul alternative pour les amoureux des planches, l'organisation d'ateliers ou stages par les institutions culturelles, qui ne le font que de manière hebdomadaire et occasionnelle (festival, grande manifestation).Par ailleurs, il y a aussi des écoles privées, mais ces dernières sont inexistantes chez nous, hormis Artissimo, un établissement qui offre des cours dans différentes disciplines artistiques. L'absence de genre d'école est certes due à la faiblesse de la demande et la réticence des gens qui ont peur d'investir dans une école d'art pour se retrouver par la suite avec des bancs vides.Pour conclure, on citera l'Institut national des arts et métiers du spectacle (Ismas), unique institut de formation théâtrale (actorat, mise en scène, scénographie), mais ce dernier n'accepte que les jeunes bacheliers ayant réussi à décrocher le concours d'accès. Il est certain que cela est plus valorisant pour les diplômes, mais il serait temps pour cette école d'ouvrir ses portes aux tout petits, les former sur de bonnes bases et aller ainsi vers un théâtre professionnel. Cela évitera aux enfants de subir le dictat de certaines troupes amateurs qui forment, mais qui exploitent aussi, c'est le cas de la majorité d'ailleurs. En offrant une bonne formation académique, on donnera certainement aux enfants la volonté de faire carrière dans les arts et on leur évitera de se casser les dents en frappant à la mauvaise porte.Finalement, il est du devoir des autorités locales de prendre en charge les jeunes talents algériens et mettre à la disposition des formateurs les conditions nécessaires et lieux de travail requis. Il est aussi temps d'arrêter de considérer les arts comme une passe temps ou matières secondaires, car cela jouera beaucoup sur la personnalité des générations à venir.W. S. M.


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