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Jeu des démons contre les idéologies rétrogrades



Jeu des démons contre les idéologies rétrogrades
La coopérative Elkinaâ des arts dramatiques de la wilaya de Guelma a présenté, ce dimanche, à la salle Ryma de la maison de la culture de Mostaganem, sa pièce Laâb El Jounoun (Jeu de démons).Une pièce théâtrale qui est en compétition officielle dans le In. Le texte est signé de Aziz Djaber Elssaïdi (Irak) et l'adaptation et la mise en scène sont de Nabil Saâden. Avec cette pièce jouée par des jeunes comédiens venus de l'est du pays, la compétition est officiellement lancée avec une concurrence rude et délicate pour le jury, dont la pénible besogne est de départager les amateurs de cette 50e édition, dont il est à constater que les amateurs ont appris à ne pas s'encombrer avec des décors à gros budget et peu efficaces, en optant pour des objets simples, petits, mais avec une grande symbolique.En effet, dans Jeu de démons, bien que le dialogue, tantôt en dialecte algérien, tantôt en arabe classique, soit de bonne qualité, la pièce pourrait s'en passertant les autres techniques sont injectées avec une grande dextérité dans le spectacle. La pièce aborde un sujet d'actualité : c'est l'histoire de deux frères, interprétés avec brio par Abdelwaheb Saïdi et Issam Hamissi, qui vivent en Algérie et qui sont, durant toute la pièce, liés par un tissu blanc. Sur le mur qui sert de fond à la pièce, quatre mains sont visibles, une insinuation à la théorie de la main étrangère. Les mains appartiennent à deux personnages démons, incarnés par Akram Belhout et Hakim Hadifi, pas plus énergiques que les deux premiers.Mention spéciale pour les techniciens Raouf Bernaoui et Ali GhouliDurant tout le spectacle, les démons vont tenter par tous les moyens de rompre le lien «tissé» entre les deux frères en essayant de les aveugler avec l'argent, les femmes, mais en vain. Pour une ultime tentative des démons, ils recoururent aux idéologies obscurantistes, qui auront raison des deux frères, lesquels, égarés par la haine, finissent par se dissocier.«Hada nassij lazem yetgataâ, bil-silm, bil-harb» (Ce tissu doit être coupé que ce soit par la paix ou par la guerre», martèlent à maintes reprises les deux personnages démons. La scénographie de Abdelwaheb Saïdi a substitué avec subtilité les mots à l'image, le lien entre les deux frères est tissé par un tissu, les rubans verts portés par les démons en noir renvoient à la couleur de la religion, et enfin les voiles noirs qui aveuglent les deux personnages frères renvoient avec une facilité ingénieuse à l'obscurantisme.Une note spéciale pour les deux techniciens Raouf Bernaoui (lumière) et Ali Ghouli (musique). Les rares lacunes dans le jeu seraient anéanties en rodant encore plus le spectacle, qui n'a été joué que quatre fois par le passé et qui entamera une tournée, après le festival, dans les théâtres régionaux d'Algérie.
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