
Programmée en off, la troupe théâtrale amateur «Le théâtre d'à côté», venue de France, s'est produite à l'occasion de la 50ème édition du FNTA sur les planches du théâtre régional de Mostaganem pour une exploration de l'enfer sartrien avec la pièce «Huis clos» de Jean Paul Sartre dont la mise en scène a été assurée par Fabrice David.Alors qu'en ce 21ème siècle, la tendance mondiale, pour ce qui est du 4ème art, s'intéresse davantage aux techniques de mise en scène avec l'emploi des dernières technologies numériques, de lumière et du son, voilà une pièce qui brille par son texte, par les dialogues interprétés remarquablement par les comédiens. Une pièce d'ailleurs qui nous fait repenser à la fonction du souffleur au théâtre tant elle est dense de par son texte et par toute la virtuosité des phrases que la langue française, maniée par la plume de Sartre, compose.Sur scène, trois fauteuils et quatre comédiens, et c'est tout ! Durant une heure et demie de spectacle, le public est enfermé avec trois personnages dans un huis clos infernal. Garcin (David Fleury) journaliste, fusillé après avoir trahi sa cause, partage son au-delà avec Inès (Sophie Bertin) et Estelle (Florence Herman), mortes désormais les deux, mais qui ont commis des actes machiavéliques dans le passé. Dans leur enfer, ni bûcher, ni bourreaux, ni châtiments. Coincés ad vitam aeternam, les personnages s'interrogent, tout comme le public. Que font-ils là ' Chaque hypothèse amène sa nouvelle inquiétude et les tensions s'avivent tandis que les intimités volent en éclats. «Je voulais être un homme. Un dur? Est-ce que c'est possible qu'on soit un lâche quand on a choisi les chemins les plus dangereux ' Peut-on juger une vie sur un seul acte '» s'interroge le personnage Garcin tandis qu'Inès chantonne : «Dans la rue des Blancs-Marteaux, ils ont élevé des tréteaux. Et mis du son dans un seau.Et c'était un échafaud». L'espace de la scène est saturé par leur présence et les pensées semblent interférer entre elles et peser dans l'air. Une interaction fatale des personnages va les amener à déployer un raffinement de tortures psychologiques les uns envers les autres au point de se rendre compte que finalement «l'enfer, c'est les autres». L'angoisse métaphysique des personnages se répand dans toute la salle et saisit le public. «C'est un public différent de celui devant lequel on a l'habitude de jouer, généralement plus silencieux. Le public d'ici est vivant et réagissait avec nous dans la salle et cela nous a portés durant toute la représentation», nous dit David Fleury. Avec une scénographie sobre et habile, le metteur en scène a opté pour une mise en avant de ses comédiens dont le jeu est simple mais juste. Produite en 2016, la pièce va rejoindre l'autre rive de la Méditerranée après la clôture de la 50ème édition du festival national de théâtre amateur, pour continuer sa tournée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salim Skander
Source : www.elwatan.com