
Comme chaque année, voilà des décennies, la routine reste incapable d'improviser l'initiative digne d'un Devoir de mémoire sacré. Encore une fois, l'occasion a été opportunément mise à profit par ceux qui avaient depuis longtemps oublié la pratique sportive, et ceux qui ne descendent jamais de la voiture : joindre à pied le cabinet de Hocine à l'hôtel de mon maire Snouci Pujol. Etaient dans le marathon nocturne, bien sûr le wali Hocine en tête, les Moudirine et les Moudirette qui ont rarement palpé du pied l'asphalte de la ville, tous les nababs sauf le bras droit de Belserviteur, quelques collègues de la plume, et une sélection d'invités de la présumée société civile. In situ, il y avait le folklore venu justifier les dépenses de son aumône publique, les agents administratifs mobilisés, des dés'uvrés en mal de loisirs, et la survivance encore vivace de ne pas prendre de photos de la délégation officielle sans exhiber d'ordre de mission. En dehors de cette ''bulle'' festive, tout le reste de la Cité, dans toute sa composante sociale, est demeuré absent, éperdument non concerné. Notons toutefois, que nombreux auront été ceux qui auraient été ''surheureux'' d'y assister en se mêlant à l'entourage d'un wali. Seulement il fallait les inviter personnellement. Ainsi, on se dépêche d'attendre impatiemment minuit, on tire en l'air et on se presse de rentrer chez soi. Pas seulement à Mostaganem, mais partout dans l'enceinte qui nous entoure, sans risque de vous tromper du moindre détail, la fête est la même. Sans enthousiasme, ni conviction. Et je n'ose pas dire champagne, car l'hypocrisie nationale ne permet pas une telle indécence. Les vrais sont morts ou se terrent, incognito, dans leur résignation en attendant. Aux guichets payeurs, ce sont les faux, vrais héritiers de l'Algérie, qui se bousculent pour se réjouir de pensions et de rappels de salaires du patriotisme. Les vrais patriotes ont préparé et réalisé la Révolution, les opportunistes se réjouissent de sa République, et les gogos du peuple applaudiront ses commémorations. 57 ans après le premier baroud d'une insurrection des plus glorieuses, des jeunes Algériens continuent à embarquer, au péril de leur survie, dans des barques de fortune à la recherche d'une meilleure vie. Ceux qui ne sont pas tentés par l'aventure maritime sont contraints aux émeutes pour prétendre au toit ou à l'emploi. Aujourd'hui encore, on demeure à l'ère du couronnement à vie, de l'espace politique accaparé par les sbires et les baltaguiyas du système. L'école de Benbouzid, mise au pas d'une politique à dessein volontariste, a généré des générations de zombies sans ambitions. Gravissime encore, reste le discours toujours entretenu à propos de la Révolution. Que de vérités occultées ou déformées ! Heureux certainement sont les martyrs qui ne voient pas ce qu'il est advenu de leur sacrifice. Le sacrifice dont il ne subsiste que le sentiment qu'il était une fois un héroïque peuple '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M O T
Source : www.reflexiondz.net