Mostaganem - A la une

Festival "off" d'Avignon



Festival
Mon objectif est de parler du Maghreb avec une couleur qui ne soit pas folklorique, contraire à chouia couscous, danse ou makrout. Pour les gens croisés dans la rue, le flyer avec le croissant et l'étoile, c'était déconcertant, comme si tu disais encore l'Algérie, ou encore Daech, ce qui n'a rien à voir.Ce n'était pas facile de ramener le public, mais quand il vient il est happé, j'ai vu des gens en larmes», nous a-t-il confié à la sortie d'une de ses représentations à Avignon. Après les «révolutions arabes» de 2011, les pays, qui n'ont pas succombé au drame absolu, comme la Syrie ou la Libye, secouent les injustices qui accablent la société et tentent d'y voir plus clair.C'est là qu'intervient le créateur : «On veut un vrai théâtre, avec une autre forme, qui sourit de notre triste vie sans faire de colloque, sans être ankylosé».Voilà la clé qui fait que les spectateurs rentrent dans le jeu de Linda Chaïb et Yamin Dib, deux valeurs sûres parmi les comédiens issus de l'immigration algérienne en France.«JE SUIS UN EMIGRE QUI VIENT LES MAINS PLEINES»L'Algérie reste primordiale pour Nour-Eddine Maâmar, qui a quitté le pays en 1988 pour la France où il s'est fait une petite place avec difficulté, grâce, il est vrai, à des rencontres fécondes, dont celle d'Ariane Mnouchkine ou du théâtre national de Chaillot. «La satire c'est important, nous confie-t-il, moi, je suis de Mostaganem, ce sont les grands maîtres Boujemaâ et Kaki qui m'ont éduqué dans le théâtre. Je suis un émigré qui vient les mains pleines.Dans les rues d'Avignon, je suis tombé sur des fachos qui me disent pourquoi vous venez ici avec ce spectacle. Ils se sentent aujourd'hui parler librement avec moi pour dénigrer l'Algérie, me considérant en dehors de leur critique : du genre que font les Algériens ici, pourquoi ils regardent les chaînes arabes par satellite, etc. Je leur dis mais pourquoi ils n'auraient pas le droit de regarder les chaînes arabes ' Vous non, vous avez une instruction? m'interrompent-ils.Je leur dis que cette instruction elle vient d'Algérie, ce n'est pas la France qui me l'a donnée». D'ailleurs, sa compagnie théâtrale, créée il y a deux ans, se nomme Ali n'est pas baba : «Il faut que ceux qui en sont à Ali Baba et les quarante voleurs comprennent. J'aurais pu dire la compagnie Ali n'est plus baba.Ça suffit, on arrête, pourquoi bougnouliser le théâtre ' Mon personnage c'est quelqu'un qui subit, qui veut se battre, qui croit, qui veut toujours espérer. J'ai pris des comédiens qui aiment le pays». Et parmi ces deux splendides acteurs, la voix féminine est celle qui en dit le plus. Cela ne doit rien au hasard : «Les femmes portent le monde, elles ont le temps de regarder, de discerner, nous les mecs on est plus dans une forme. La femme fragilise l'homme et de là la faille sort. On tombe vraiment dans le sincère, tout ce qui peut émaner, la vérité.On a beau dire, ça ne fait rien, ça ne fait rien, mais à un moment à l'intérieur c'est lourd. Pour moi, cette pièce permet de souffler, de tout sortir, d'espérer.»


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