Les départs se font toujours au milieu de la nuit à partir de plages de l'est de la wilaya (Sidi-Lakhdar, Marsa, Bahara, Ouled Boghalem) où ils cachent préalablement l'embarcation en s'appuyant sur des guetteurs grassement payés.Le fléau social de l'émigration clandestine, longtemps ignoré par l'Etat, s'est considérablement développé et a pris des proportions alarmantes, mais les choses sont en train de changer avec l'organisation de nombreux cycles de campagnes de sensibilisation y compris en collaboration avec des organismes publics sur instruction des autorités. Aujourd'hui, l'Etat a décidé de traiter ce problème de plusieurs angles et surtout le volet répressif dénoncé par des ONG pour son caractère "inefficace", puisque l'hémorragie continue avec son lot de drames humains ayant pour théâtre la mer Méditerranée.
Pour la première fois depuis des années, un chiffre a été communiqué à la presse tout récemment, en lien avec les "nourrisseurs" sans scrupules de la harga, qui fait ressortir l'arrestation de 26 passeurs par les gendarmes après des mois de filature, d'écoute et d'enquêtes de terrain durant l'année écoulée. Pour le moment, l'on connaît l'identité de quatre passeurs parmi les 26 dénombrés, et il s'agit de L. F., chef du réseau, R. M., B. Y. et A. M., âgé entre 23 et 34 ans, tous chômeurs, originaires de la région de Sidi-Lakhdar, qui ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi Ali. Selon une source proche de la Gendarmerie nationale, les 22 autres membres de réseau font l'objet d'une instruction pour connaître l'identité et le degré d'implication de chacun, et l'enquête suite sont cours. Les passeurs profitent de "l'intarissable'' demande de personnes désespérées pour les déplumer. Leur profil est, selon nos sources, souvent le même : tranche d'âge entre 25 et 35 ans, sans emploi et au mieux vendeurs dans l'informel. Ils ont choisi ce type de "filière'' pour se faire de l'argent facilement car d'après un patron de pêche ayant requis l'anonymat, "c'est moins risqué que le trafic de drogue". Le modus operandi est également bien connu des services de sécurité (police et gendarmerie confondues) chargés de traquer les réseaux de passeurs ; les départs se font toujours au milieu de la nuit à partir de plages de l'est de la wilaya (Sidi-Lakhdar, Marsa, Bahara, Ouled Boghalem) où ils cachent préalablement l'embarcation en s'appuyant sur des guetteurs grassement payés. Dans une déclaration à Liberté faite hier par le lieutenant de gendarmerie, Mlle Rakeb Soumia, concernant cette affaire de multiplication des réseaux de passeurs, "la dernière tentative de traversée de la mer ver les côtes espagnoles organisée par le réseau démantelé remonte à la nuit du 24 janvier 2018 lorsqu'une une embarcation de fortune avait pris le large à bord de laquelle se trouvaient 11 personnes dont une femme et un enfant". Les aventuriers ont finalement fait naufrage après sept heures de navigation à cause des mauvaises conditions météorologiques.
M. Salah
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Salah
Source : www.liberte-algerie.com