Mila - A la une

Zone euro: Signaux en Allemagne d'une plus grande indulgence envers la Grèce



Plusieurs responsables allemands de haut rang ont laissé entendre, hier, que Berlin pourrait accepter un assouplissement des conditions de réformes exigées d'Athènes ainsi que des modalités du versement des aides internationales à la Grèce. "Si par concessions on entend plus d'argent, notre réponse est sans équivoque: c'est non. Mais je pense que des ajustements sont possibles à l'intérieur du cadre financier existant", a dit au quotidien Die Welt Michael Meister, numéro deux du groupe parlementaire des députés conservateurs, le camp d'Angela Merkel. "On peut se demander quelles mesures sont prioritaires' Quels sont les processus' Mais il est clair que les réformes promises doivent être effectuées", a dit M. Meister. Il n'exclut par ailleurs pas de revoir le calendrier des versements d'aide à Athènes, précisant que "des paiements anticipés ne seront plausibles que s'il est prouvé qu'ils n'ouvriront pas dans le futur de nouveaux trous financiers". Le spécialiste des questions budgétaires du groupe parlementaire conservateur, Norbert Barthle, a lui déclaré au quotidien Passauer Neuer Presse que si "les conditions posées (à la Grèce) doivent rester inchangées, des modifications sont possibles en touchant à quelques petits rouages comme le niveau des intérêts (payés par Athènes sur les crédits reçus de ses bailleurs internationaux). Cela serait envisageable". Enfin l'un des ténors du parti libéral FDP, qui avec les conservateurs forme la coalition au pouvoir en Allemagne, a lui évoqué auprès de l'agence DPA la possibilité d'un délai supplémentaire accordé à Athènes pour remplir certains objectifs de réformes. "Il ne faudrait pas que tout échoue à cause de quelques jours (de retard). Le jeu n'en vaut pas la chandelle", a dit Christian Lindner. Berlin souffle le chaud et le froid depuis quelques jours à l'attention d'Athènes, entre intransigeance sur les réformes exigées de la Grèce et signes d'ouverture.
Mme Merkel reçoit vendredi le Premier ministre grec Antonis Samaras.
Les banques allemandes perdent l'appétit pour la spéculation agricole
Les instituts de crédit allemands renoncent les uns après les autres à certaines activités jugées spéculatives, sur les marchés agricoles, en réponse aux critiques grandissantes dans l'opinion publique qui risquent d'affecter leur image. La grave sécheresse qui a sévi cet été aux Etats-Unis et en Russie a fait exploser les prix mondiaux des céréales, ravivant le débat sur la responsabilité de la finance dans un phénomène qui frappe les plus pauvres. Les spéculateurs sur les Bourses de contrats à terme investissent précisément maintenant dans les matières premières agricoles pour profiter de la hausse des prix. Un jeu cynique critique ainsi l'ONG allemande Foodwatch sur son site internet. Cela peut drastiquement tirer à la hausse les prix des denrées alimentaires et entraîner des famines dans les pays pauvres. Nous disons: halte à ce jeu immoral, affirme l'ONG. Sous pression, la deuxième banque allemande Commerzbank, les banques régionales LBBW et LBB ou encore la banque d'investissement des caisses d'épargne DekaBank ont annoncé ces derniers mois qu'elles cessaient d'investir dans des fonds agricoles ou à en proposer elles-mêmes à leurs clients. Deutsche Bank, la première banque allemande qui cristallise les passions dans le pays, avait annoncé en mars qu'elle n'allait pas lancer cette année de nouveaux produits boursiers sur les produits agricoles de base, tout en maintenant son offre existante en la matière, gérée par son fonds DWS. Nous ne pouvons pas conseiller nos clients (sur les matières agricoles) en ayant la conscience tranquille. Parce que les médias et la classe politique pensent actuellement que cela contribue à la hausse des prix, déplore Eugen Weinberg, chef analyste des matières premières chez Commerzbank. Même si nous ne sommes pas de cet avis, pour des questions d'image nous ne voulons pas que (nos produits) soient assimilés à de la spéculation, explique-t-il. Cependant les banques allemandes jouent un rôle mineur sur les marchés agricoles. Les grandes banques d'investissement comme les britanniques Barclays ou HSBC sont beaucoup plus actives, comme des fonds spéculatifs, des assureurs et encore davantage les entreprises agricoles elles-mêmes, selon des spécialistes du secteur. Les producteurs de grandes cultures utilisent en effet des contrats à terme (futures) pour se prémunir contre les variations souvent élevées à court terme des cours agricoles, en fixant plusieurs mois à l'avance les prix de leurs futures récoltes. Cela pourrait être très contre-productif d'interdire aux banques d'investir dans les matières agricoles met en garde Thorsten Polleit, ancien chef économiste Allemagne de Barclays Capital, aujourd'hui chef économiste de la société de commerce de métaux précieux Degussa Goldhandel. Les entreprises agricoles auraient des difficultés à financer leurs investissements, ce qui ferait encore augmenter les prix, selon M. Polleit. La recherche scientifique est divisée sur un éventuel lien de cause à effet entre les Bourses agricoles et la hausse des prix alimentaires. La plupart des études concluent que les investisseurs ne sont pas à l'origine des mouvements des prix mais qu'ils renforcent la tendance, à la hausse comme à la baisse, dessinée en fonction de l'offre et de la demande, explique Manfred Schöpe, spécialiste du secteur agricole à l'institut Ifo de Munich (sud). Et sur le long terme d'autres facteurs influencent les prix agricoles, comme l'accroissement de la population mondiale, des changements d'habitudes alimentaires à grande échelle ou la raréfaction des terres cultivables, rappelle-t-il.
Le ministre allemand du Développement Dirk Niebel a profité de la polémique sur la flambée des cours agricoles pour proposer dernièrement d'interdire la vente du biocarburant E10, au motif que sa production se ferait aux dépens des ressources pour l'alimentation humaine. Mais ce biocarburant est surtout peu apprécié des automobilistes allemands, car ils redoutent qu'il ne nuise... à leur moteur.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)